Face l'utilisation quotidienne et parfois malveillante des smartphones et des réseaux sociaux, les jeunes et les femmes sont de plus en plus touchés par le harcèlement. Internet a largement favorisé le développement de nouvelles formes de harcèlement à savoir : les insultes, l’envoi de photos et vidéos intimes, la propagation de rumeurs, l’usurpation d’identité ou encore le piratage de compte. Pour Fatima Ahallouch, membre du Parti Socialiste à Mouscron, il est grand temps d'agir car les femmes peuvent être victimes de harcèlement en ligne mais également en rue. Commentaires, insultes, agressions sont légion. Aucune femme ne peut dire, aujourd'hui, qu’elle n’a pas subi ce genre de comportement, à un moment de sa vie.

"On ne peut pas fermer les yeux sur le harcèlement. On ne peut plus. La parole est libérée, et se taire, désormais, c’est être complice. Notre système judiciaire doit également s’adapter à ces nouvelles formes d’agression. Une des mesures préconisée dans le cadre de la lutte contre le harcèlement sexiste en ligne est l’éventualité d’une modification de la Constitution. Car pour l’instant, celle-ci encadre les publications sexistes en ligne de la même manière que les articles de presse. Or, un délit de presse relève de la compétence de la Cour d’Assises. Ce n’est pas adapté à la situation actuelle. J’interrogeais à ce sujet, récemment, la Secrétaire d’État à l’Égalité des genres, Sarah Schlitz.", déclare Fatima Ahallouch.

Pour la membre du Parti Socialiste, la réponse donnée par Sarah Schlitz se veut satisfaisante. " La lutte essentielle contre ce phénomène passe nécessairement par une révision de l’article 150 de la Constitution. Actuellement, sur base de cet article, seuls les discours de haine raciste et xénophobe peuvent être jugés par le tribunal correctionnel, tandis que les discours de haine sexistes, entre autres, doivent être jugés par la cour d’assises. Dans la pratique, cette distinction conduit souvent à une impunité de fait pour les délits de presse (et les infractions qui y sont assimilées) autres que les délits racistes ou xénophobes. L’article 150 de la Constitution a été déclaré sujet à révision. Conformément l’accord de gouvernement, une proposition de modification de l’art. 150 est sur la table : celle-ci offre la possibilité de porter les discours de haine sexistes, par exemple, devant le tribunal correctionnel, afin qu’ils soient également punissables dans la pratique." Sarah Schlitz, Secrétaire d’Etat à l’Egalité des genres.

Cette modification de l'article 150 permettrait donc de lever le voile sur le sexisme qui se montre de plus en plus présent dans notre société.