C'est un projet d'envergure qui est soumis à enquête publique jusqu'au 22 décembre, celui des 3 Herseaux. On parle ici de création de lotissements ainsi que de voiries. Plus de 110 logements sont prévus d'ici deux à trois ans.

Évidemment, pareil projet suscite toujours des réactions. Ainsi, un groupe Facebook Non aux 3 Herseaux a vu le jour et, rapidement, plus de 1 000 membres y ont adhéré. "On peut y retrouver des arguments de fond argumentés et des leitmotivs clairs : Stop béton à Mouscron ! I love ma campagne ! Béton des villes, béton des champs, la campagne suffoque !", prenait pour exemple Anne-Sophie Rogghe, conseillère communale Écolo.

Les citoyens se révoltent. "De nombreux riverains soulignent en effet ne pas avoir reçu de réponses à leurs doléances en 2014 et en 2019. Ils espèrent cette fois-ci par leurs réclamations, interpellations et pétitions être entendus et surtout recevoir une réponse et faire changer les choses."

Parmi leurs arguments, les riverains mettent en avant l'espace vert, le poumon vert des 3 Herseaux qui disparaîtra totalement. "Pendant le confinement et surtout le 1er du printemps, c’était flagrant : joggeurs, cyclistes, marcheurs, promeneurs ; jeunes, vieux, avec ou sans poussette, avec ou sans chien, sans oublier les amoureux qui se bécotaient sur le banc public…Tous profitaient du lieu. Nous étions nombreux et contents d’être là, sourire aux lèvres, enfin sourire dans les yeux vu le masque."

La conseillère de l'opposition soulevait encore l'argument de la mobilité, déjà un casse-tête à Herseaux aux heures de pointe et qui ne s'arrangerait pas avec l'arrivée d'une centaine de maisons, et donc de voitures. Elle pointait ensuite la question de la zone inondable et de la biodiversité.

Face à cette situation, Anne-Sophie Rogghe se demandait quelle était la stratégie d'urbanisme de la majorité. "Une impression de projets plic ploc... Quelle est la vision de Mouscron à moyen et long terme ?" Elle souhaitait également connaître la position de la majorité à l'égard du projet des 3 Herseaux.

La bourgmestre Brigitte Aubert explique que ce projet remonte déjà à 2004. Après avoir rappelé l'historique de ce dossier, elle répondait aux différents problèmes évoqués par la conseillère Ecolo.

"De nombreuses liaisons cyclo-piétonnes seront mises en œuvre. La problématique de la mobilité a été analysée. La mise en service de la route de la Laine absorbera une partie du trafic automobile actuel et futur. Avec ou sans ce projet, l'augmentation du parc automobile est une problématique qui va se poser."

Concernant la question de la zone inondable, la bourgmestre se montrait rassurante. "Il existe un ruisseau communal qui traverse la zone mais pas là où est prévu le projet actuel. Le ruisseau sera retiré des risques d'aléas car aucune inondation n'a été relevée ces dernières années."

Des passerelles sont encore prévues pour être allouées à des jardins et à des potagers collectifs. "Il est de plus prévu de conserver la ferme de la Roussellerie et la partie centrale en zone d'agriculture urbaine sur une superficie minimum de quatre hectares."