C'est une histoire assez particulière qui était débattue en ouverture du conseil communal de la cité des Hurlus. Elle oppose en réalité deux personnes, à savoir le chef de groupe MR Marc Castel ainsi qu'un citoyen, M. Verdure pour ne pas le citer. À la base du problème, on retrouve un projet de construction d'une quarantaine d'appartements ainsi que l'ouverture de voirie à la rue des Verdiers. Une demande de permis d'urbanisme portée par le citoyen en question qui, après avoir été accepté plusieurs fois par le Collège communal, a finalement été refusée lors du Conseil communal du 26 octobre dernier.

Face à cette décision, M. Verdure a décidé d'introduire un recours auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Urbanisme, Willy Borsus. Ce dernier a ainsi octroyé la demande portant sur l'ouverture de voirie en mettant en exergue deux éléments : la motivation de l'acte administratif eu égard aux compétences du conseil communal ainsi que le fait que l'acte administratif ne motive pas l'absence d'intérêt d'un conseiller communal s'étant manifesté lors de l'enquête publique et ayant pris part aux délibérations du conseil sur ce même point.

Concrètement, cela concerne donc Marc Castel, qui habite face à ce projet. Après avoir été attaqué par le promoteur du projet sur les réseaux sociaux, le chef de groupe du MR a tenu à répliquer en ouverture du conseil communal.

"Ce point va beaucoup plus loin que l'acceptation d'un recours. Il remet en cause le rôle et les actions des conseillers communaux, assure-t-il. Lorsque l’on est élu conseiller, nous ne perdons pas notre statut de simple citoyen tout comme nous n’obtenons pas de droits supplémentaires mais nous avons le plus beau rôle, celui d’être à l’écoute des citoyens et d’être leur relais. Est-ce que parce que je suis conseiller communal, je n’avais pas le droit de répondre à une enquête publique ? Bien sûr que je pouvais ! Est-ce que de ce fait, je devenais juge et partie ? Certainement pas !"

Marc Castel avoue avoir écrit une lettre pour inviter les réclamants intéressés à faire partie d'une délégation. "Pour être complet, 7 personnes ont participé à cette réunion qui s’est tenue sur ma terrasse à une époque où les rassemblements privés avec respect des distances de sécurité étaient toujours limités à 10 personnes en même temps. c’était faire preuve de démocratie que de donner la possibilité à tout à chacun de faire partie de cette délégation et de choisir parmi les volontaires ceux qui allaient représenter leurs pairs. Est-ce que je pouvais participer à une réunion de concertation en tant que membre de la délégation des réclamants. Bien sûr que oui car je suis avant tout un citoyen concerné."

Il ne démissionnera pas !

Par son interpellation, le chef de groupe MR assurait vouloir mettre en garde sur les dangers des interprétations de ce genre. "Si nous n’y prenons pas garde, nous risquons à l’avenir d’avoir pas mal de conseillers qui n’auront plus le droit de voter. Mme Ahallouch ne pourra pas voter pour le projet Blanches Mailles, les conseillers et échevins qui se sont exprimés eux-mêmes ou par l’intermédiaire de proches ne pourront plus voter pour Via Nova et même M. Loosvelt, qui me reproche d’avoir voté le point lors de la séance du 26 octobre parce que j’habite en face du terrain n’aurait pas pu voter pour le point 4 de ce même conseil car il est voisin du site repris dans l’objet. Il faut être clair, ce n’est pas voter pour, contre ou abstention qui est ici au centre du débat mais bien l’acte de voter."

Le chef de groupe MR assure encore n'avoir aucun avantage ou désavantage financier dans cette histoire. Il revenait enfin sur les propos tenus à son encore sur les réseaux sociaux.

"Est-ce que j’ai fait une pétition et du porte-à-porte ? Non, d’abord parce que je sais pertinemment bien qu’une pétition ne compte que pour une seule réclamation peu importe le nombre de signatures et qu’en ce qui concerne le porte-à-porte, je me suis rendu fin juin dans trois maisons sur neuf de la rue des Verdiers et ce sur invitation et, début août, dans trois maisons de la rue de la Martinoire sur soixante qui avaient déposé leurs remarques dans ma boîte aux lettres sans la signer. Est-ce cela faire une pétition et du porte-à-porte ? Certainement pas ! J’ai pu lire que j’avais obtenu des signatures par intimidations, par menaces à l’encontre d’habitants de la rue, que j’ai exigé des signatures d’habitants ne sachant ni lire ni écrire le français. Cela est pure diffamation et une plainte a été déposée à la police."

Enfin, Marc Castel est clair, il ne démissionnera pas. "Il n'y a rien dans ce dossier qui demande une démission !"

La bourgmestre Brigitte Aubert (cdH) a reconnu que ce dossier était compliqué. "Nous avons interrogé notre conseil, assure-t-elle. Il est ainsi interdit à tout conseiller communal de participer aux débats et délibérations de tout sujet qui pourra lui procurer un avantage en argent ou évaluable en argent. Qu'en est-il pour une personne habitant en face d'un projet ? Ce n'est pas simple..."