Christian Debaere, directeur du centre culturel de Mouscron, pousse un coup de gueule par rapport à la situation du secteur culturel face à la crise sanitaire.

La crise sanitaire du Covid-19 n'a épargné personne. Si certains secteurs commencent, même difficilement, à voir le bout du tunnel, d'autres s'inquiètent encore pour leur avenir.

Le secteur culturel en fait ainsi partie. De nombreux acteurs du secteur de la région s'étaient d'ailleurs donnérendez-vous sur la Grand'Place de Tournai ce jeudi après-midi pour marquer leur mécontentement.

Ce mécontentement, Christian Debaere l'a aussi exprimé dans un coup de gueule partagé sur Facebook et que vous pouvez retrouver ci-dessous.

"La droite flamande bloque l’aide qui devait être apportée au secteur culturel…"

- Oui mais on se dit "C’est la NVA et le Vlaams belang, l’extrême droite quoi !" - Que nenni ! On peut aussi y ajouter les calotins et les bien nommés libéraux flamands et, nez rouge sur le clown : tous les partis francophones s’offusquent de ce retard et de cette "non urgence" sauf le MR, parti de cette charmante et si plébiscitée première ministre… Là, on se dit, on n’est pas rendus !

Et c’est bien normal, ma pauv’ dame, il y a quand même bien d’autres priorités que les saltimbanques. Et tant que les politiques pourront aller s’admirer dans des spectacles comme "La revue des Galeries" ou "Sois belge et tais-toi !" (Contre ou pour lesquels je n’ai rien ) en pensant très fort à Georges Marchais qui disait "N’oubliez pas de parler de moi : en bien ou en mal mais parles de moi !", ils ne retiendront que "Sois artiste et tais-toi !"

Alors quoi faire pour être entendu ?

Les cheminots, les routiers, les métallos et tant d’autres n’y vont pas par quatre chemins : ils font grève ; du zèle pour les ex-douaniers, mais grève !

Et s’il est vrai que le secteur culturel est à ce point pourvoyeur d’emplois et de thunes, pourquoi pas ?!

Quelques bahuts de technos à chaque montée ou sortie d’autoroutes, un chapiteau planté au milieu de la rue Belliard et un feu de camp au milieu d de roulottes installées au beau milieu de la rue de la Loi…

Vous allez voir comment que ça va se décoincer grave !

Alors, pourquoi non ?

Parce que justement, dans le secteur culturel, on est tous un peu bohême et surtout adeptes de la non-violence, la fleur dans le fusil : c’est nous !

Faire chier le monde en bloquant tout, bof ouais mais non ; et puis, si les gusses à cheval chargent, on n’est pas des métallos qui allons les accueillir à coup de boulons, hein ?

Ah ben ça, re-ma brave dame, nos chers politiques – qui ont plus, pour certains, d’actions dans des compagnies d’aviation que dans des théâtres – nos chers politiques le savent : "Ce sont des saltimbanques, ils sont sympas."

Ceux-là même qui sortent sans rire :
- Ouais, mais dis, ces artisses qui touchent le chômage et des droits d’auteur, est-ce que ce ne serait pas un double revenu, dis ⁉️
- Ben non, x (mets le nom d’un ministre que tu connais), regarde : toi, tu as un salaire de minisse et des jetons de présence et un siège dans quelques CA de banque et autres où tu te rends avec chauffeur et voiture de fonction, tu vois mais, hé, sans taper un clou ni même parfois sans assister aux réunions, tandis que les artistes, eux, ben … euh… ils bossent !
- Non ?
- Si ! On l’oublie parfois parce qu’on emploie souvent le mot « jouer » pour décrire leur TRAVAIL mais en fait, ils bossent. Et dur, souvent.

Donc, on en est là : non seulement on n’aide pas le secteur mais, en plus, suprême insulte, on insinue que ce sont des feignants (Faut voir la tête d’un élu lorsque vous lui dites que, comme acteur culturel, vous faites du télétravail… en général, il n’entend que télé… )

Et on ne leur met pas sur la tronche parce que… parce que… parce que, finalement, nous sommes des gens normaux : des gens qui travaillent et qui espèrent que par ce travail, ils seront payés, d’abord, et ensuite reconnus, comme n’importe quel autre corps de métier sans coup férir…

Il n’empêche :

PEUT-ETRE QUE LA SEULE SOLUTION, C’EST DE METTRE UN JOYEUX BORDEL…