Originaire de la Guinée, le jeune Barry, actuellement détenu à la prison de Mons devait comparaître ce jeudi devant le tribunal de Tournai pour tentative de meurtre. Résidant au centre Fedasil de Mouscron, le prévenu était loin de bien s'entendre avec son compagnon de chambre. "Il me menaçait quotidiennement et me réveillait chaque nuit à 3h du matin pour m'insulter. Il me disait également qu'il allait me jeter par la fenêtre. Je suis donc allé voir les éducateurs pour leur faire part de la situation et mon souhait de changer de chambre. Seulement les événements ont pris une tournure différente", déclare le détenu devant la barre.
    
Effectivement, le 30 mai dernier, une dispute a éclaté entre les deux jeunes hommes. "Ce soir-là, mon compagnon de chambre m'a frappé à la tête avec une barre de fer. Je me suis alors emparé d'un couteau qui se trouvait sur moi pour l'effrayer." Rapidement, trois éducateurs sont intervenus afin de séparer les deux individus. Durant cette scène, l'un d'entre eux sera violemment blessé par Barry qui enfoncera le couteau dans son front.
 
"Une peine démesurée"
    
Selon les éducateurs présents lors de cette altercation, Barry aurait essayé 20 à 30 fois de tuer son compagnon de chambre. Cependant, le couteau finira par blesser un éducateur. Pour le représentant du ministère public, il y a donc bel et bien une tentative d'homicide. D'ailleurs, devant le juge d'instruction, le prévenu avait déclaré vouloir se venger. Pour ces faits de violence, ce dernier risque une peine de 8 ans de prison.
  
D'après l'avocat de Barry, cette peine est complètement démesurée. "Mon client va lui-même chercher les éducateurs pour aborder le problème. Il n'avait donc pas l'envie de s'en prendre violemment à la victime. De plus, les éducateurs auraient expliqué que Barry a effectué 20 à 30 mouvements avant d'atteindre involontairement l'un d'entre eux. Cela me paraît étrange lorsque l'on sait que cette chambre est relativement petite. S'il avait voulu s'en prendre de manière volontaire à son compagnon de chambre, il l'aurait fait du premier coup. Mon client a d'ailleurs bien mentionné qu'il n'avait pas l'intention de tuer mais de faire peur. Barry n'est absolument pas un délinquant malgré son parcours de vie difficile. Cela fait presque quatre ans, qu'il passe d'un centre à l'autre et qu'il tente de trouver sa place. Je sollicite donc à titre principal une suspension simple du prononcé et à titre subsidiaire une suspension probatoire".
 
Le jugement sera prononcé le 28 octobre.