Le 8 novembre 2019, Pauline, étudiante au sein du Collège Saint-Henri de Mouscron, s'est rendu sur le temps midi à la sandwicherie la plus proche. Sur le chemin, la jeune fille se fait alors bousculer par Yanis. Cet accrochage normalement banal, a cependant pris une autre tournure. Le prévenu, semble-t-il, en colère, a donné un violent coup de poing au niveau du visage de Pauline. Souhaitant se défendre, elle a à son tour, porté des coups. Témoin de la scène, R., la copine de Yanis, a rejoint la bagarre afin de protéger le jeune homme.

Présents au sein du tribunal correctionnel de Tournai, les deux auteurs devaient s'expliquer lundi après-midi. Même si R. a reconnu les faits, ce n'est vraisemblablement pas le cas de son compagnon. Pour le représentant du ministère public, le prévenu, à la base de la scène se "pose en victime". "Nous possédons peu d'éléments extérieurs aux faits. Parmi ceux-ci, le témoignage d'une amie de la victime qui est pour ma part, assez cohérent. Effectivement, elle déclare que Pauline a été frappée à la tête sans raison et a tenté de se défendre comme elle le pouvait". Une peine de 12 mois de prison assortie d'un sursis a été requise à l'égard de R.. En ce qui concerne Yanis, il risque 18 mois.

Pour la partie civile, Pauline garde de graves conséquences de l'agression. "A la suite des faits, ma cliente n'a pas pu poursuivre ses études et est aujourd'hui victime d'un stress post-traumatique. Sa vie a totalement été bousculée. Cela se traduit par une prise de poids, un mal-être profond et de l'anxiété".

"Ma cliente n'est pas capable de donner un coup violent"

"Sur le temps de midi, les trottoirs en direction de la place de Mouscron sont bondés", a déclaré l'avocate de la défense. "Après être bousculée, la victime s'est indignée du comportement de Yanis. Il est d'ailleurs persuadé avoir reçu un coup en premier". Toujours selon l'avocate, il n'y a pas assez d'éléments dans le dossier qui permettent de mettre en cause le jeune Yanis. C'est pourquoi, l'acquittement a été sollicité à titre principal et une peine de travail à titre subsidiaire.

"Quant à R., elle a toujours avoué les préventions". Qualifiée de jeune fille calme et posée, la prévenue aurait donné un coup du plat de la main et non un violent coup de poing. "Ma cliente souffre de myasthénie, une affection auto-immune qui touche le point de contact entre les nerfs et les muscles. Elle n'est même pas capable de se laver les cheveux seule, je ne vois donc pas comment elle aurait été capable d'administrer un coup si violent". La défense a sollicité à son égard, une suspension simple du prononcé ou un sursis. Le jugement sera prononcé le 28 mars.