Voilà une évidence pour ceux qui l’empruntent: la rue de Ploegsteert, qui fait partie de la RN515, est en très mauvais état, surtout dans le tronçon entre le bois du Gheer et la cité terrienne. Fissures et nids-de-poule s’y succèdent pour le grand désarroi des automobilistes, des cyclistes, mais aussi des riverains! Le hic, c’est que la RN 515 est gérée par le SPW, qui n’a toujours pas prévu le moindre budget pour entamer les travaux.

Ce jeudi après-midi, suite à maintes interventions, l’échevin Philippe Mouton a reçu une délégation à l’hôtel de ville. Le débat, qui a duré plus d’une heure, s’est déroulé dans la sérénité, même si les riverains semblent déterminer à aller jusqu’au bout pour que la situation s’améliore enfin!

«Faudra-t-il attendre qu’il y ait un mort pour que le SPW réagisse?»

Depuis qu’il est en poste, l’échevin fait le forcing auprès du SPW, proposant à présent de rénover en urgence le tronçon qui pose d’évidents problèmes de sécurité. "Comme rien n’est prévu, on est parti sur des délais assez longs. Faudra-t-il attendre qu’il y ait un mort pour que le SPW réagisse?".

"Pour ma part, mes premiers courriers datent de 2005, explique Martial Deblauwe, un riverain. Si la Région n’a pas les moyens d’une rénovation, la moindre des choses serait de limiter la vitesse à 50 km/h. Avec des panneaux, mais aussi une chicane un peu du style de celle de la rue du Romarin. Qui prend la décision de poser ce type de ralentisseur?"

Des fissures dans les façades

Lucien et Françoise Delforge s’inquiètent que leur maison se fissure. Ils ont écrit au ministre et au SPW. Un détecteur a été placé dans leur habitation pour voir la répercussion des vibrations. "Les résultats ont conclu que la maison était bien secouée mais pas assez pour que nous ayons droit à un dédommagement! C’est honteux la façon dont on nous traite alors que, en tant que citoyens, nous payons des impôts! La Ville renvoie la balle au SPW et rien ne bouge."

Lucien Delforge suggère que la Ville entame elle-même des travaux de réparation: "Le SPW ne vous reprochera jamais de faire du bien!" Réponse de Philippe Mouton: "Le SPW, lors d’une réunion, a parlé d’une rénovation à 7 millions d’euros. Si on commence à réparer leurs routes, on met le doigt dans un engrenage. Nous ne voulons pas payer à leur place!"

«On fait bien des travaux pour les grenouilles…»

"On fait bien des travaux pour les grenouilles dans le chemin de la Blanche!", renchérit Martial Deblauwe. "Nous avons reçu des subsides pour construire des crapauducs, répond l’échevin. Nous n’allions pas refuser, d’autant plus que des volontaires passaient deux heures par jour, équipés de seaux, pour faire traverser les batraciens. En plus, au sein du personnel communal, nous avons les gens capables de réaliser ce genre de travaux. Pourquoi s’en priver? Le problème, pour la rue de Ploegsteert, c’est qu’elle est gérée par le SPW! Nous avons mis les équipes en place pour faire un test en travaux de terrassement dans la rue de la Howarderie. Il a été concluant. Cette année, on devrait s’attaquer au chemin Duhem et à la drève de la Rabecque."

Une réunion prévue le 13 janvier

Comme les riverains en ont assez d’attendre, ils ont proposé des solutions concrètes: "Pourquoi ne pas penser à placer des marquages au sol? L’entrée de Ploegsteert est bien trop large, c’est un vrai boulevard et on appuie sur le champignon, constate un riverain. Quand je sors la voiture du garage, je risque ma vie à chaque fois! Il faudrait aussi limiter le passage des camions. Pourquoi les chauffeurs de la brasserie Vanuxeem passent systématiquement par chez nous alors qu’ils pourraient très bien passer par la rue du Touquet pour rejoindre la RN58? Avec des chicanes ou des dos-d'âne, ils changeraient peut-être leur trajet?"

"Pourquoi ne pas placer un indicateur de vitesse, renchérit un autre. Quand les chiffres sont en rouge, on se rend compte qu’on dépasse et on ralentit. Bien sûr, la police a placé à plusieurs reprises un radar, mais l’impact ne dure qu’un temps. Les automobilistes reprennent vite leurs mauvaises habitudes!"

L’échevin est prêt à négocier des solutions concrètes et rapides avec le SPW. Il a alors proposé une rencontre avec Amandine Robert, la conseillère en mobilité de la Police, afin d’envisager ce qui est possible: pose de panneaux, marquage au sol, avertissement en amont, dispositif de ralentissement, etc.

Cette rencontre a été fixée au 13 janvier de telle sorte que des solutions concrètes soient proposées aux fonctionnaires du SPW, qui viennent justement à Comines le 18 janvier. En espérant qu’une avancée rapide soit envisagée… avant qu’un accident ne survienne!