Depuis quelques jours, un tract est distribué dans les boîtes aux lettres des habitations de la cité des Hurlus. Ce dernier appelle ainsi à la désobéissance civile pacifique contre les mesures Covid-19. Avertie ce matin par des citoyens, la bourgmestre Brigitte Aubert s'est dite extrêmement outrée de voir un tel document distribué.

"Aujourd'hui, dans la situation que nous vivons, oser mettre un document comme celui-là dans les boîtes aux lettres, c'est vraiment scandaleux, assure-t-elle. C'est tout d'abord irresponsable d'écrire de telles choses, les infirmières sont vraiment scandalisées. C'est inacceptable quand on voit les chiffres que nous avons encore aujourd'hui et au regard de tout ce que nous avons fait."

Faut-il effectivement rappeler que la situation sanitaire à Mouscron est préoccupante... Brigitte Aubert a encore dévoilé certains chiffres très révélateurs de la situation. "Nous avons aujourd'hui, au sein de notre commune, un taux d'incidence de 3 424, là où il se chiffre à 3 132 à Tournai, à 2 400 à Mons et 1 300 à Courtrai. Depuis le début de la pandémie, plus de 4 000 personnes ont été testées positives au Covid-19 dont plus de 2 000 ces deux dernières semaines." Grégoire Lefebvre, Directeur général du Centre Hospitalier de Mouscron, a encore récemment précisé à la bourgmestre que les patients hospitalisés sont beaucoup plus jeunes qu'en mars et se trouvent dans des situations souvent beaucoup plus critiques. "Le CHM doit encore limiter ses activités opératoires, il y a déjà des transferts de patients. Le nombre de personnes contaminées ne faiblit pas encore."

Si ces tracts ne sont pas signés, on peut y découvrir les logos des collectifs En Colère Mouscron, En Colère Namur et des Braves - Province de Luxembourg. "En étant très prudent, le document n'étant pas signé ni revendiqué, il reprend le logo d'un collectif qui s'appelle En Colère et fait notamment référence à Mouscron En Colère, détaille le comissaire-divisionnaire Jean-Michel Joseph. Si, sur notre territoire, ce document émane de ce groupe, nous le connaissons. Il est composé de quelques personnes qui, jusqu'à présent, se sont régulièrement exprimées sur les réseaux sociaux. Ils se sont quelques fois rassemblés, comme sur le plateau de la gare il y a quelques mois. Ils ont un courant d'idées d'extrême droite dont les informations diffusées sont souvent fausses et amalgamées pour tirer des conclusions générales où l'on attaque l'autorité, l'ordre en place et on alimente la théorie du grand complot. Encore une fois, il faut rester prudent. Je ne dis pas que c'est ce collectif qui a diffusé ce document, la police ne les a pas vus faire."

En attendant, que risquent les personnes qui diffusent pareil message ? A priori, pas grand-chose... "On a la chance d'être en démocratie où le droit d'expression est quasi absolu jusqu'au moment où le propos devient calomnieux, diffamatoire, xénophobe ou autre. Le risque ici n'est pas trop élevé, sauf si les experts, que l'on voit régulièrement sur les plateaux télévisés, et qui sont cités dans ce document comme des personnes complètement incompétentes, déposaient plainte. Je ne vois rien d'autre comme infraction pénale, si ce n'est un problème éthique."

Brigitte Aubert souligne que tout le monde doit se battre dans le même sens. "Quand on voit des personnes qui osent dire et écrire des choses comme celles-là, cela va à l'encontre de tout ce que l'on fait. C'est irrespectueux, on ne peut pas dire de telles choses. Je demande que nos citoyens puissent être responsables, solidaires et qu'ils continuent à se protéger et protéger les autres", conclut la bourgmestre.