Tournai-Ath-Mouscron

Les associations Chemins Croisés et Un Cœur, un espoir ont présenté leur projet. Une d'entre elle sera sélectionnée comme projet central de la 41e édition des 24H de Mouscron.

Créées en 1979, les 24H en course libre de Mouscron vont fêter cette année leur 40e anniversaire et, donc, leur 41e édition.

"L’événement a bien évolué d’année en année", souligne Luc Tiberghien, nouveau président du comité organisateur. "Nous avons même atteint le maximum de notre capacité à la plaine de Neckere. Mais nous ne voulons pas grandir davantage, notre but n’est pas de devenir un festival démesuré mais bien de garder une taille humaine avec une forte convivialité."

Comme chaque année, l’événement va porter un projet humanitaire qui recevra les bénéfices de l’organisation. Deux associations sont actuellement en lice pour devenir projet principal des 24H.

La première est Chemins croisés qui existe depuis huit ans mais qui n’est constituée en ASBL que depuis quatre ans. En quelques mots, l’ASBL basée à Luingne soutient des projets de développement au Sénégal et principalement dans le village de Guélack situé près de Saint-Louis, l’ex-capitale du pays.

Le projet soumis aux 24H par l’association concerne alors l’amélioration génétique de la race des bovins. "En Afrique de l’Ouest, le lait est devenu un véritable problème", soulignent Christophe Hovelaque et Olivier Castelein, responsables de l’association Chemins Croisés et professeurs à l’institut Saint-Charles de Luingne.

En Afrique, le zébu est parfaitement adapté à la sécheresse. S’il est effectivement le bovin le mieux adapté en résistant à la chaleur et au paludisme, il ne produit qu’un à deux litres de lait par jour là où une vache laitière européenne produit quotidiennement 20 à 30 litres.

"Le projet est donc de modifier la race par croisement entre des zébus et des bovins européens. Des expériences ont été menées et on obtient alors des hybrides qui produisent 10 à 15 litres de lait par jour et qui résistent à la sécheresse et au paludisme."

Le but serait donc d’acheter six taureaux, coûtant entre 1 200 et 1 500 € la bête, pour les baser à Guélack. Ils seraient alors prêtés durant trois mois aux membres de l’UIAPR, groupement des jeunes éleveurs, le temps qu’ils se reproduisent. "On espère ainsi produire annuellement 120 nouveaux hybrides par an. Deux vaches européennes seraient également achetées pour permettre la reproduction de bovins européens pour remplacer les taureaux vieillissants."

Niveau budget, cela représente près de 9 000 €. "Si le budget nous le permet, nous aimerions également construire un centre d’hébergement qui permettra d’accueillir des jeunes qui viennent de loin pour fréquenter le centre de formation. Ce coût s’élève quant à lui à 6 000 €."

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La deuxième association qui souhaite voir son projet choisi par le comité des 24H est Un cœur, un espoir. Basée à Jemappes, cette association travaille pour offrir un enseignement de qualité pour la jeunesse de Kinshasa.

"Quand j’étais petite, j’avais un rêve, celui de devenir pédiatre", détaille Audrey Mundine, présidente de l’association. "Aujourd’hui, je suis médecin généraliste mais je peux dire que j’ai réussi ce que je voulais. Les enfants de l’école primaire Mulie n’ont malheureusement pas cette chance vu les conditions désastreuses dans lesquelles ils étudient."

Effectivement, les jeunes baignent dans une véritable insécurité quand ils vont à l’école. Quand il pleut, ils sont même obligés de rester chez eux. Et s’ils sont déjà en classe, ils doivent rester dans un coin pour ne pas être mouillés.

"Nous avons l’espoir de donner un sourire à ces enfants", souligne la présidente. "Des actions ont déjà pu être menées au sein de l’école. Ainsi, nous avons déjà pu installer des portes et des fenêtres, c’est déjà une première étape mais il reste encore beaucoup à faire."

Niveau financement, l’association peut compter sur la vente de bracelets créés par les membres de l’association mais également sur la cotisation d’une trentaine de membres. "Nous comptons également sur l’organisation d’événements divers comme des matchs de foot ou des concerts ou encore divers dons."

Si Un cœur, un espoir est sélectionné comme projet central des 24H, la réhabilitation de l’école Mulie va pouvoir se poursuivre. "On pourra s’occuper de la maçonnerie, de la charpente, des toilettes, des bancs, etc. De plus, il y a actuellement six classes de 42 élèves alors que l’école compte 12 enseignants titulaires. Nous avons donc l’ambition de doubler les classes pour permettre un meilleur apprentissage."

Ces projets, l’association compte quoi qu’il arrive les mener. "Si nous ne sommes pas sélectionnés, cela prendra plus de temps à se concrétiser mais nous n’abandonnerons pas les enfants."

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