Mouscron, Tournai, Enghien… De nombreux drapeaux ukrainiens fixés aux mâts de nos administrations communales sur volonté des bourgmestres sont confectionnés depuis plusieurs jours en terres hurlues.

L’entreprise de l’avenue du Château avait un peu de stock pour répondre aux premières sollicitations mais il a fallu urgemment relancer l’impression mariant l’azur au jaune, explique Bart De Leeuw, le directeur général de Wollux : "Nous travaillons surtout pour l’événementiel et le sport, comme pour les Diables rouges ou le Comité olympique (COIB) encore d’actualité avec les JO qui se déroulent en Chine."

Et le directeur général de préciser : " On nous demande quand même assez régulièrement des drapeaux européens. Pour les drapeaux nationaux, nous en avons un peu de chaque dans notre stock et, lorsque certains s’amenuisent, nous les réimprimons. On le fait quand le temps le permet, entre les commandes spécifiques, d’autant que nous ne faisons pas que des drapeaux ici, même si on connaît surtout Wollux pour cela !" On peut citer les mâts, les banderoles, les bannières, les roll-ups, les cadres reflex…

"20 drapeaux, puis 10… puis 2 500 !"

Face à la mobilisation aussi soudaine que le conflit en lui-même, la société ayant célébré ses 75 ans en 2021 a dû changer de braquet en lançant une impression sérigraphiée spécifique. "On est capables d’imprimer 500 mètres en linéaire d’un seul coup !" Par gain de temps et par facilité technique, comme l’expriment nos clichés, deux drapeaux sont imprimés sur la largeur du tissu qui est ensuite coupée en son centre.

Lors de notre passage, ce mardi matin, un ouvrier travaillait justement sur le modèle qui nous intéresse. "Je découpe ces drapeaux en polysatin, matière assurant les couleurs les plus brillantes, pour ensuite permettre de confectionner des formats de 1 mètre sur 1m50." Ces pièces de tissu devaient ensuite passer entre les mains expertes de la confection. Des doigts de fée parfois actifs depuis trente ans dans cette société au caractère toujours aussi familial. " On a eu pas mal de demandes très rapidement, souligne encore notre interlocuteur. On a d’abord lancé une impression très modestement : vingt drapeaux, puis encore dix… Avant de finalement décider d’en imprimer 2 500 à distribuer au sein du groupe Koramic, holding active en quelques segments dont un pôle industrie dont nous faisons partie. Cela a été décidé en accord avec son responsable, M. Dumoulin, afin de les distribuer au sein de tout le groupe, pour nos réseaux."

Parallèlement, il y a également de la vente et, là aussi, une réflexion est actuellement menée. "On discute sur la façon dont Wollux pourrait être solidaire. Nous allons nous décider rapidement mais cela devrait se matérialiser par le biais d’un pourcentage ponctionné sur chaque vente qui deviendrait ensuite un don."

Ces citoyens qui se rendent chez Wollux…

Pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui voudraient afficher leur solidarité, il n’est pas toujours évident de savoir où se procurer un tel étendard. "Nous sommes une usine et non un magasin. Cependant, des particuliers sont déjà venus nous demander s’ils pouvaient nous acheter un drapeau ukrainien. On s’adapte à cette situation particulière en y répondant favorablement. Si d’autres personnes sont intéressées, dans un souci d’organisation, c’est de préférence le matin qu’il faut passer nous voir…", dit encore M. De Leeuw, fier d’être à la tête depuis à peine plus d’un an d’une société aussi solidaire que dynamique.