Tournai-Ath-Mouscron Les conditions de travail au palais de justice sont parfois loin d’être décentes.

L’état du palais de justice de la cité des Cinq Clochers est un sujet qui revient sans cesse et qui est empli d’interrogations. "C’est en tout cas une fameuse saga, mieux que Game of Thrones ", confirme Éric Delhaye. Il faut en effet dire que de nombreux scénarios se sont profilés quant à ce lieu de justice.

"On a d’abord dit qu’on allait agrandir, puis on allait déménager à la rue du Château, puis le long de l’Escaut au Luchet d’Antoing où il y a un terrain. On nous a encore dit par la suite qu’on irait à la caserne puis, finalement, du côté des anciennes gendarmeries qui appartiennent à l’État où on pouvait construire pour être encore plus proche de la prison. En remontant très loin, on sait même qu’il y a une première pierre du nouveau palais qui a été posée, on ne doit même plus trop savoir où elle doit se trouver. On a eu de tout et rien qui se décide."

Si, à l’heure actuelle, l’avenir du palais de justice de Tournai est toujours incertain, le bâtiment continue toujours de connaître des travaux. "Après les travaux de sécurisation, on voit dans les couloirs qu’on fait des travaux pour installer des détecteurs de mouvement et pour le wi-fi. C’est bien, c’est formidable mais que cela veut-il dire ? Le palais va rester ?"

Le spectre d’un rassemblement des instances correctionnelles et du parquet à Mons créé aussi une sorte d’inquiétude pour les travailleurs.

"Cela révolutionne une vie même si, à côté de cela, je peux entendre que des entreprises sont délocalisées ou que des personnes doivent travailler d’endroits en endroits. C’est la manière dont les choses sont parfois dites, ou non annoncées, voire au dernier moment, qui créé ce sentiment d’insécurité. Il n’y a pas de discours cohérent. Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, aucune structure ne permet pour le moment de regrouper tout le monde sur Mons."

Pour Éric Delhaye, le palais de justice tournaisien n’a pas forcément besoin de gros travaux.

"Je me souviens d’une réunion au ministère de la justice avec M. Geens qui disait que les rénovations coûtent fort chères. Il a tout à fait raison, on n’a pas besoin d’investir de l’argent de manière inutile. On a besoin d’investir dans ce qui est pratique. On ne demande pas des bureaux en or mais correctement accessibles. Remettre en état la partie qui ne peut plus être accessible, c’est déjà quelque chose qui peut se faire. Évidemment, ce n’est pas gratuit mais on ne demande pas du luxe mais quelque chose qui soit ergonomique pour pouvoir travailler décemment. On n’a pas besoin de plus mais on ne voit rien venir. Ce palais a une âme, un cachet."