Des scènes d'horreur sur fond de précarité intellectuelle à Lessines

Un Lessinois est poursuivi pour avoir abusé sexuellement de sa nièce mineure atteinte d’un retard mental.

Des scènes d'horreur sur fond de précarité intellectuelle à Lessines
©GUILLAUME JC

Un Lessinois, né en 1965, vivant encore chez sa maman, est poursuivi pour des faits de viol sur sa nièce de 15 ans, ainsi que sur sa cousine, majeure au moment des faits. L’homme aurait abusé sexuellement de l’adolescente à plusieurs reprises entre le 30 juin et le 11 octobre 2021, au sein du domicile de sa mère. Il ne reconnaît pas les faits de viol.

" Le 11 octobre, la police se rend au domicile des parents de la victime, à la suite des confessions faites par celle-ci auprès du PMS de son école, explique l'avocat de la partie civile. Ma cliente a dénoncé des faits de viol commis par son oncle dans les toilettes de sa grand-mère. Le médecin, qui a ausculté la gamine, a constaté des lésions qui coïncident avec des pénétrations. Dans son audition filmée, la petite explique que son oncle profitait qu'elle aille aux toilettes pour être seul avec elle. Il la déshabillait, lui touchait la poitrine, avant de passer à l'acte. Pour ne pas qu'elle crie, il lui mettait la main sur la bouche. "

Les parents de la victime ont été "atterrés" par la nouvelle. La cousine de la victime, également entendue par la police, a confié aux agents souffrir des mêmes attouchements. " La grand-mère a en revanche qualifié les jeunes filles de menteuses. De son côté, le prévenu a confié lors d'une audition que c'est la victime qui le provoquait. "

La jeune fille, qui souffre d'un retard mental, a été vue par un médecin, qui indique que " son retard est incompatible avec une quelconque affabulation ". " Depuis les faits, ma cliente s'automutile ; elle pique des crises et a dû être hospitalisée. " Un dommage provisionnel est demandé en faveur de la victime, et 5 000 € à titre définitif pour les parents.

" Il réfléchit comme un enfant "

Le Procureur du Roi considère les faits comme établis : il requiert une peine de 8 ans de prison à l’encontre du prévenu et une mise à disposition du Tribunal d’application des peines de 5 ans.

L'avocat de la défense plaide en faveur de l'acquittement du prévenu. " Nous sommes ici dans un milieu très précaire au niveau intellectuel, indique le conseil. Mon client souffre d'un retard intellectuel, tout comme la partie civile, mais aussi la grand-mère et la maman. Je suis étonnée du rapport d'expertise qui considère mon client comme ayant la capacité de discernement. "

Pour l'avocat, la notion de viol n'est pas établie pour la victime majeure, ni même pour la victime mineure : " l'ADN n'a pas été retrouvé. Quelle est la juste peine à attribuer à ce Monsieur qui réfléchit comme un enfant ? "

Si le juge considère que le prévenu est coupable, l'avocate souhaite assortir la peine de prison d'un sursis probatoire : " avec des conditions, l'on peut espérer que les mois passés en prison et le suivi mis en place pourront permettre de protéger la société ". En ce qui concerne le volet civil, l'avocat demande que le montant du dommage moral requis pour les parents soit réduit.

Le jugement sera prononcé le 27 octobre.

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