Originaire de Bois-de-Lessines, Abdel est poursuivi par le tribunal correctionnel de Tournai pour avoir détenu sur son téléphone portable et son ordinateur plus de 60 fichiers pédopornographiques. "Ces images sont arrivées par hasard", a déclaré le prévenu à la barre. La juge Laus a tout de même interrogé l'homme de 51 ans sur le nombre conséquent d'images et vidéos. "Je recevais de multiples contenus qui s'enregistraient automatiquement. Je n'ai jamais vu que ces contenus se retrouvaient dans la galerie de mon téléphone".

Abdel a expliqué s'être inscrit sur des groupes Facebook dédiés à l'humour. Pour devenir membre, un numéro de téléphone était obligatoire. Le prévenu indique être "atterri" par la suite, sur des groupes WhatsApp, une application de messagerie. "Au début, les contenus restaient basés sur de la rigolade. Très vite, des images dénudées et des contenus pédopornographiques ont été envoyés".

Le représentant du ministère public a précisé que la version d'Abdel semblait peu crédible. "La première vidéo pédopornographique analysée par les services de police est celle d'un enfant de 10 ans. Cela me paraît tout de même étrange que le prévenu ne se soit rendu compte de rien. Les contenus WhatsApp sont directement enregistrés dans la galerie et l'homme a notamment indiqué la consulter régulièrement". Une peine de 6 mois de prison assortie d'un sursis probatoire a été requise.

"Il en reste aujourd'hui très meurtri"

"Mon client est tombé de très haut lorsqu'il a appris être au coeur de cette affaire. Il en reste aujourd'hui très meurtri. Personnellement, je crois les dires du prévenu", a déclaré Me Zimmer, conseil de la défense. "Quand il se rend compte de la nature de ces groupes, il les quitte après trois jours. Lorsque le représentant du ministère public affirme que mon client laissait des commentaires sur les vidéos et photos, les captures d'écran se trouvant dans le dossier prouve qu'un seul commentaire a été pointé du doigt. Par ailleurs, dans cette vidéo, une jeune femme a forte poitrine danse en tenue légère".

Marié et père de trois filles, Abdel regrette aujourd'hui son inscription sur ces groupes. "J'ai de gros doutes sur le fait que le prévenu ait pu consommer du matériel pédopornographique". L'acquittement a été sollicité à titre principal. Le jugement sera prononcé le 30 mai.