Il n'y a pas que le collège communal qui, lundi soir, a sollicité le feu vert du conseil communal pour que la ville d'Ath puisse intenter une action en justice après avoir été lésée de plus de 6000€ en pièces de monnaie qu'un individu rusé et audacieux à réussi à subtiliser en quelques mois dans une petite trentaine d'horodateurs réglementant le stationnement payant au coeur de la cité des Géants. 

Par la voix de son commissaire en chef, la zone de police locale a elle aussi effectué une demande similaire lors de cette séance en visioconférence auprès des mandataires de la capitale du Pays Vert siégeant sur les bancs du conseil de police afin de se constituer partie civile dans le cadre d'un dossier de rébellion dont une de ses agentes a été victime dans l'exercice de ses missions. Les fais remontent au 18 avril dernier. Ce jour-là, vers 10h20, les forces de l'ordre avaient été appelées à se rendre au domicile d'un particulier à la suite de violences intrafamiliales pour lesquelles les interventions policières n'ont fait que se multiplier durant les périodes de confinement imposées par la crise sanitaire. 

Toujours est-il qu'une personne se situant à l'adresse en question s'en est prise de manière agressive aux deux policières envoyées sur place. Lors de son interpellation, celle-ci a saisi la main de l'une d'entre-elles, ce qui a eu pour conséquence de la blesser et de lui occasionner une lésion ayant justifié une incapacité de travail de deux jours. Le renfort d'une seconde équipe venant d'une zone voisine s'est avéré nécessaire pour maîtriser l'auteur de la rébellion. 

"Même si cela fait partie des risques du métier, il n'est pas admissible que l'on s'en prenne physiquement à des représentants de l'ordre public", indique le chef de corps Frédéric Pettiaux. Et notre interlocuteur de rappeler qu'en vertu de l'article 52 de la loi sur la fonction de police, le policier ou la policière blessé(e) lors d'une intervention qui tourne mal bénéficie d'une assistance en justice dont les frais sont pris en charge par son employeur. Egalement valable pour les fausses plaintes déposées à l'encontre de policiers, cette possibilité  a été prévue par le législateur en réaction et comme signal à la violence croissante exercée contre les fonctionnaires de police. 

"Lorsqu'un collègue subit une incapacité de travail après une agression telle que celle-ci, cela engendre des coûts non négligeables pour la zone de police, laquelle se voit contrainte de rémunérer les heures supplémentaires de ceux qui doivent la remplacer durant son absence. Dans le cadre d'un dossier mis à l'instruction comme celui-ci, la zone de police se constitue systématiquement partie civile devant le juge afin de réclamer un dommage financier mais également moral, notamment en raison de l'impact psychologique sur le personnel d'actes de violence commis sur le collègue", poursuit le le commandant Pettiaux. 

"Ici, la durée d'indisponibilité a été très courte (48h) mais il arrive que celle-ci s'étale sur plusieurs mois, auquel cas le montant de l'indemnisation réclamé par nos services peut se chiffrer en milliers d'euros", précise encore le chef de la zone monocommunale athoise.