Suite à la fermeture ce 30 juin de celui de Charleroi, il ne subsiste plus en Hainaut qu'un seul abattoir public et c'est dans la capitale du Pays Vert qu'il se situe. Lors du dernier conseil communal, le conseiller de l'opposition Philippe Duvivier (La Liste Athoise), par ailleurs président de la Fugea, a interpellé le collège afin de savoir si l'abattoir communal du chemin des Primevères avait élaboré un plan stratégique en vue de pouvoir absorber la clientèle qui fréquentait l'abattoir venant de cesser ses activités dans la cité du Marsupilami. 

"Nous avons fait preuve de prévoyance suite à cet évènement économiquement malheureux qui concentre encore un peu plus les acteurs et les lieux d'abattage en Wallonie", assure Ronny Balcaen (Ecolo), échevin de l'Agriculture ayant notamment la gestion de l'abattoir dans ses compétences. Et ce dernier d'ajouter que dès l'annonce de la fermeture de l'abattoir carolorégien, le directeur de l'abattoir d'Ath a pris le taureau par les cornes et toute une série de contacts, y compris avec l'Afsca. 

"Nous sommes à la hauteur pour répondre aux besoins des éleveurs, des chevilleurs et des bouchers qui se retrouvent dans une situation très problématique à présent que l'abattoir de Charleroi appartient à un passé révolu", poursuit Ronny Balcaen. Notre interlocuteur a fait savoir que dans un passé récent, les deux abattoirs avaient déjà été amenés à travailler ensemble.

"Suite à un accident de travail survenu fin 2019 dans ses installations, le défunt abattoir avait dû fermer ses portes durant plusieurs semaines. A l'époque, notre abattoir avait déjà accueilli une partie de sa clientèle et celle-ci s'était montrée très satisfaite de la qualité de nos services. C'est tout naturellement qu'elle est revenue vers nous en cette période difficile."

L'échevin athois n'a aucun doute sur le fait que l'abattoir d'Ath est en mesure de répondre au défi qui se pose à lui aujourd'hui. "Nous travaillons en interne pour voir quels sont les moyens supplémentaires à dégager. Nous avons négocié avec l'Afsca de nouvelles conditions d'organisation des horaires de travail. Les journées d'abattage seront plus longues mais ne débuteront pas avant 6h du matin par respect pour le voisinage", indique encore Ronny Balcaen. 

En ce qui concerne la filière porcine, l'abattoir de la cité des Géants s'attend à accueillir le double, voire le triple de bêtes, dans ses infrastructures. "A l'heure actuelle, 120 porcs transitent en moyenne chaque semaine par notre abattoir. Nous avons négocié avec l'Afsca pour atteindre dans un proche avenir un rythme hebdomadaire de 300 abattages. Ce sont essentiellement des petits producteurs et des bouchers qui font appel à nos services. Au niveau de la prise en charge des ovins, celle-ci devrait augmenter de 30 à 60%. Quant aux bovins qui étaient acheminés à Charleroi, l'abattoir de Ciney devrait récupérer la majeure partie mais il n'est pas exclu que de plus petits clients s'adressent à nous."

Du côté de la minorité, Philippe Duvivier voit dans cet accroissement du volume d'abattage une aubaine pour l'abattoir communal d'atteindre un possible équilibre financier. Le mandataire LLA s'interroge néanmoins sur la capacité des frigos à pouvoir stocker des quantités de viande beaucoup plus importantes d'autant que l'on ne badine pas avec la législation et les règles de l'Afsca en matière de durée de conservation.  

"Ces dernières années, dans le cadre de la modernisation des installations de l'abattoir, nous avons rénové les frigos et tous sont aujourd'hui en parfait état de fonctionnement", déclare. Ronny Balcaen. L'échevin de l'Agriculture voit l'avenir du dernier abattoir hainuyer avec optimisme tout en espérant que ce dernier obtiendra des subsides régionaux à la hauteur de son développement et des nouveaux enjeux qui se profilent à l'horizon.