À la faveur du point n°7, de vieux démons ont refait surface, mercredi soir, lors du premier conseil communal de l'année. Le collège a obtenu de ce dernier le feu vert pour ester en justice afin de permettre à la Ville de se constituer partie civile à l'audience du tribunal correctionnel de Mons du 8 janvier 2021 dans le cadre du procès relatif à des dépenses irrégulières (articles 60) engagées sous l'ancienne législature.

"Bien que ma ville d'Ath soit partie prenante et préjudiciée, le collège communal n'a été informé de rien par l'autorité judiciaire. Aussi, celui-ci a décidé ce 7 janvier de désigner en urgence un cabinet d'avocats - en l'occurrence celui de Me Mayence à Charleroi - afin de défendre les intérêts de la commune", a fait savoir le bourgmestre Bruno Lefèbvre (PS).

Dans le cadre du compte 2018, des dépenses payées à une société de communication par le directeur financier en application de l’article 60 du règlement général de comptabilité ont donné lieu à deux plaintes. La première auprès du parquet du procureur du Roi émane de deux échevins tandis que la seconde a été déposée par trois échevins auprès, cette-fois, de la ministre de tutelle.

"Suite à la plainte déposé au pénal, la police judiciaire fédérale et plus spécifiquement la direction de la lutte contre la criminalité grave et organisée, l'office central pour la répression de la corruption, a enquêté sur ces dépenses irrégulières", a encore précisé le bourgmestre.

Au nom de la Liste Athoise, l'ancien échevin Raymond Vignoble a sollicité en vain le report du point après avoir rappelé les éléments de ce dossier et défendu l'ancien maïeur:

"Du passé, faisons table rase. N'actionnez pas la guillotine. Imaginons que la Ville récupère la somme d'argent en question, nul doute que la justice fera jurisprudence et qu'elle accordera aux inculpés un étalement de remboursement de 400 ans comme elle l'a faite précédemment pour un autre mandataire politique PS. La société concernée sera alors en droit, me semble-t-il, de réclamer à la Ville les montants de ses honoraires non perçus. On serait alors dans un vaudeville ubuesque", estime le conseiller de l'opposition LLA.

Le bourgmestre a répliqué en insistant sur le fait que dans le cadre de ce dossier, ce n'est pas la Ville qui est à la manœuvre mais l'office central pour la répression de la corruption. "Il ne s'agit pas ici d'une simple récupération d'argent. En ma qualité de bourgmestre, je me vois mal, de surcroît, aller dire que les quelques dizaines de milliers d'euros évoqués dans le dossier n'ont aucune importance pour la ville", enchaîne Bruno Lefèbvre. 

La cheffe de file du groupe LLA a ensuite pris la parole, déplorant un règlement de comptes entre individus afin d'abattre un homme qui dérange! "Au lieu de continuer à ressasser le passé et à nourrir cette rancœur permanente, faisons en sorte de regarder vers l'avenir", commente Pascale Nouls. Et l'intéressée de rappeler que ces plaintes ont été déposées juste avant les dernières élections communales et avant que le PS ne prenne ses distances avec Marc Duvivier. 

Le bourgmestre s'est un peu énervé lorsque Pascale Nouls a fait allusion aux 80.000€ que coûtent annuellement à la Ville les deux personnes qui ont été engagées par ses soins pour assurer sa communication. "La différence est que ces dépenses sont totalement légales et transparentes", lui a fait remarquer Bruno Lefèbvre. 

De son côté, Coralie Fontaine (MR), avocate de profession, n'a pas hésité à dire qu'elle hallucinait qu'un tel débat puisse se tenir en dehors d'une salle d'audience. "Vous mélangez tout", a-t-elle reproché aux élus de la minorité. "Nous n'avons plus aucun pouvoir dès l'instant où le dossier est diligenté par le procureur du Roi et mis à l'instruction. "