Pays Vert Le centre hospitalier Epicura propose 8 séances chez un tabacologue ou une sage-femme formée en tabacologie intégralement remboursées.

Selon une enquête menée en 2018 par GFK Belgium pour la fondation contre le cancer, 23 % de la population belge est fumeuse. À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, plusieurs centres hospitaliers ont mis en place une journée de sensibilisation.

C’est le cas de l’hôpital Epicura à Ath où les patients, les visiteurs et les membres du personnel ont pu réaliser un test pulmonaire et recevoir plusieurs informations et conseils. C’est à cette occasion que nous avons rencontré Amélie Strulens, tabacologue.

Pourquoi est-ce si compliqué d’arrêter de fumer ?

"Il s’agit d’une problématique multifactorielle, on parle souvent de trois dépendances. Tout d’abord, la dépendance comportementale c’est-à-dire toutes les habitudes et les associations. Ensuite, la dépendance physique où le corps est dépendant à la nicotine présente dans le tabac. Ce mécanisme peut être comparé à une drogue dure. Et enfin, il y a la dépendance psychologique, par exemple : ‘Chaque fois que je suis énervé, je prends une cigarette pour me calmer.’ Une personne qui se dit : ‘Je mets un patch et j’arrête de fumer’ ne va aborder que l’un des trois aspects".

Pourquoi est-ce important de consulter un tabacologue lorsque l’on décide d’arrêter de fumer ?

"Lors des consultations, on va aborder les trois comportements en parallèle pour une meilleure réussite. Une personne qui souhaite arrêter de fumer sans aide n’est qu’à 5 % de réussite après 1 an. En revanche, lorsque l’on augmente les moyens d’aide concrets, comme un traitement médicamenteux ou par substitution et un encadrement, le taux de réussite est de 30 à 35 %."

Quels sont les moyens d’aide ?

Il y a le traitement médicamenteux ou la substitution nicotinique où l’on donne au patient de la nicotine sous une autre forme que la cigarette comme les patchs, les comprimés, les chewing-gums ou le spray. Grâce à ce substitut, le patient ne ressentira pas le manque et sera confortable au niveau physique pour s’attaquer au côté psychologique et comportemental."

Et la cigarette électronique dans tout ça ?

"Ça peut être un outil utile dans le processus. Il y a moins de risques que la cigarette, mais ça n’est pas sans danger. On n’a pas encore assez de recul à long terme au niveau de la santé. Quelqu’un qui peut se défaire de la cigarette au profit de la cigarette électronique, c’est déjà pas mal, mais elle doit être utilisée temporairement et non en remplacement à vie. La cigarette a des effets néfastes sur la santé et peut engendrer des problèmes cardiovasculaires, pulmonaires et cérébraux."

Des problèmes peuvent, également, survenir chez le fœtus et le nourrisson si la femme continue de fumer durant la grossesse. Le centre hospitalier Epicura propose 8 séances chez un tabacologue ou une sage-femme formée en tabacologie intégralement remboursées. "Il n’a pas d’âge pour arrêter", ajoute la tabatologue Amélie Strulens,