On ne peut pas vraiment dire que John, prénom d'emprunt, dispose d'une reconnaissance éternelle envers les personnes qui lui viennent en aide. Julien l'aura malheureusement appris à ses dépens.

Ce dernier a effectivement hébergé John, alors sous le coup d'une condamnation probatoire, durant un certain temps. Tout cela pour en arriver, au soir du 24 juin dernier, à être victime d'un véritablement déferlement de violence de la part de celui qu'il hébergeait. Suite à ce fait, John comparaissait ce jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Tournai où il devait se défendre de tentative de meurtre et de faits de coups et blessures.

"Quelques jours plus tôt, le 21 juin dernier, Julien avait déjà été victime de la violence du prévenu, détaille le procureur du roi, Éric Delhaye. En effet, le 21 juin, presque en face du commissariat, le prévenu lui a planté un canif dans la cuisse. Tout cela parce qu'il avait bu et qu'il avait dit que ce n'était pas vrai."

Face à cette violence grandissante, Julien a demandé à John de quitter son domicile le 24 juin dernier. Il a de nouveau fait preuve de violence en lui portant un coup au visage. "Il l'a également menacé en lui disant qu'il allait lui couper la jugulaire." La police est arrivée et le prévenu a été emmené au poste avant d'être relâché un peu plus tard.

Il a alors passé les heures suivantes à boire avant de retourner chez son hébergeur vers 22h. "La scène de coups a vite commencé. Un véritablement déchaînement. Il y avait du sang partout. Heureusement, deux personnes sont arrivées pour venir leur demander des stups. Le prévenu s'est alors arrêté. Que se serait-il passé sans leur arrivée ?" On a en effet constaté près d'une trentaine de lésions au niveau de la tête de la victime...

Le prévenu a par ailleurs un parcours judiciaire impressionnant. En effet, il a déjà écopé d'une peine de travail et de cinq peines d'emprisonnement allant d'un à trois ans, à chaque fois suite à des faits de coups et blessures. Cette fois-ci, il risque sept années de détention.

Me Rodriguez, conseil du prévenu, assurait que son client n'avait pas cherché la mort de la victime. "Il est vrai que les photos prises sur place sont surréalistes. Elles apparaissent comme une scène de meurtre tant il y avait du sang partout." L'avocat revenait sur les problèmes d'alcool de son client. "Il avait arrêté de boire mais, lorsqu'il a été hébergé chez la victime, il est retombé dans l'acool puisqu'elle buvait également. Petit à petit, sa violence a repris le dessus..."

Le conseil du prévenu sollicitait un sursis probatoire, composé de conditions très strictes. "Mon client conteste la tentative de meurtre mais reconnaît totalement les coups. Il n'a pas su maîtriser sa violence. Il ne s'est d'ailleurs pas arrêté avec la venue des deux personnes mais bien lorsqu'il a vu tout le sang. Durant les deux heures qui ont suivi cette scène, il a d'ailleurs fait les cent pas." Actuellement détenu, John sera fixé sur son sort dans un mois.