Depuis le 10 mars dernier, un nouveau décret relatif à la performance énergétique des bâtiments est entrée en vigueur. Concrètement, les bâtiments à construire ou faisant l’objet de travaux de rénovation importante, comprenant plus de 10 emplacements de stationnement pour voiture et dont la demande de permis est déposée à partir du 11 mars, devront respecter plusieurs exigences d’électromobilité. L’une de celles-ci a particulièrement alerté le bourgmestre de la capitale du Pays Vert. 

Les bâtiments résidentiels sont équipés de l’infrastructure de raccordement pour chaque emplacement de stationnement afin de permettre de procéder ultérieurement à l’installation de points de recharge pour les véhicules électriques. Si l’évolution vers une adaptation au changement climatique est positive, cette nouvelle imposition est sélective et inquiétante à différents niveaux", estime Bruno Lefebvre (PS). 

D’une manière générale, cette imposition donne l’impression au maïeur athois que la seule solution alternative pour les déplacements individuels est le véhicule électrique. A ses yeux, il semble évident que la solution sera plurielle, incluant les véhicules à l’hydrogène (vert) et les véhicules au (bio)cng. Pour rappel, la Wallonie picarde à travers sa conférence des bourgmestres (23 communes) et à l’initiative de son intercommunale IDETA ont opté pour la solution du CNG en tant qu’énergie de transition.

La Wallonie picarde s’inscrit également dans une vision à long terme conformément à la directive européenne sur les carburants propres qui fait du gaz naturel, de l’hydrogène et de l’électricité les alternatives crédibles au pétrole. De même qu'à la stratégie hydrogène vert de la commission européenne reposant sur des sources d’énergie renouvelable. Ces développements se font également en bonne intelligence avec les grands utilisateurs du secteur du transport qui souhaiteront s’engager les premiers dans cette dynamique.

"Nous sommes tous conscients que l’électrification massive de la mobilité induira des besoins énormes en production complémentaire d’énergie verte et donc de renforcement des réseaux structurant de transport et d’électricité. Quand on connait les réactions récentes et importantes de rejet de la population en la matière, est-ce vraiment une solution qui répond aux besoins et attentes des citoyens", s’inquiète Bruno Lefèbvre. Et ce dernier d'ajouter qu'en obligeant les bâtiments à être (pré)équipés pour la recharge électrique, on induit inévitablement des frais supplémentaires qui peuvent paraitre limité à ce stade mais qui demain deviendront plus conséquents.

Pour notre interlocuteur, "inscrire cette obligation dans la PEB des bâtiments n’est pas logique car, non seulement, elle n’est pas en lien direct avec le bâti mais en plus, elle conduit à conclure que l’avenir de la mobilité passe par le véhicule (électrique) en faisant fi des alternatives de mobilité douce et de transport en commun qui doivent être la priorité pour les trajets courts."

Au vu de leurs nombreuses inquiétudes, le bourgmestre de la cité des Géants et son homologue de Soignies, Fabienne Winckel, ont décidé d'interpeller à ce sujet la ministre fédérale de l’Energie Tinne Van der Straeten ainsi que le ministre wallon du Climat Philippe Henry.