Voici un peu plus d'une semaine que le centre de vaccination d'Ath a ouvert ses portes aux personnes de plus de 65 ans et à celles de moins de 65 ans souffrant de comorbidités. De source bien informée, il ressort toutefois que des doses résiduelles de vaccins ont été administrées durant les premiers jours à des personnes n'appartenant pas à ces catégories mais à des membres du personnel communal plus jeunes et en parfaite santé parmi lesquels des enseignants.

Il n'en fallait pas plus pour faire naître une polémique sur les réseaux sociaux et susciter l'indignation des professeurs des écoles athoises du réseau libre, lesquels se sont sentis discriminés par rapport à leurs collègues de l'enseignement public. 

"Le centre Ceva est situé sur Ath mais en tant que centre de vaccination il est dévolu à l'ensemble des communes voisines et pas prioritairement au personnel athois. On peut parfaitement comprendre que vu la pandémie, il est nécessaire de faire bénéficier les enseignants des surplus de la journée mais pourquoi uniquement ceux des écoles communales de Ath et pas ceux des autres réseaux, ni des communes voisines? Pourquoi ne pas contacter aussi les personnes fragiles comme c'est normalement prévu ? Quand on a un centre de vaccination sur sa commune, cela se gère équitablement entre les communes du périmètre !",  déclare Marc De Vleeschhouwer (Brugelette Ensemble), conseiller au CPAS de cette commune. 

Immunisé contre les critiques, le bourgmestre de la capitale du Pays Vert estime que cette controverse n'a pas lieu d'être et réfute tout favoritisme à la vaccination: "Que tout le monde se rassure, il n'existe aucune liste prioritaire. Il se fait qu'un certain nombre de personnes n'ont pas répondu à leur convocation et que les équipes médicales préparant les vaccins se sont retrouvées en fin de journée avec un surplus contenu dans des fioles qu'il fallait absolument utiliser ou bien jeter à la poubelle, ce qui aurait été indécent. A défaut d'avoir reçu de l'Aviq en temps et en heure une liste de candidats prioritaires, le directeur général a intelligemment suggéré d'en faire profiter notre personnel de première ligne au contact des citoyens et je soutiens sa démarche à 200%", assume Bruno Lefèbvre. 

Le médecin-coordinateur du centre de vaccination athois abonde dans le même sens même s'il n'est pas concevable à ses yeux de privilégier un réseau plutôt qu'un autre. "Il s'agit d'une petite maladresse qui ne se reproduira plus. En revanche, le fait que du personnel de la ville d'Ath travaillant sur le site du Ceva ou véhiculant des personnes dans l'incapacité de se déplacer aient été vaccinés n'a selon moi rien de répréhensif", commente le docteur flobecquois Xavier Van Coppenolle. 

Et le président de l'association des médecins-généralistes du Val de Dendre d'ajouter qu'il serait criminel de jeter quelque chose d'aussi précieux qu'un produit vaccinal. "Nous avons demandé aux médecins du Val de Dendre de nous faire parvenir des listes de patients avec comorbidités dans l'éventualité où il resterait des doses surnuméraires comme cela s'est présenté la semaine dernière."

Actuellement, un tel scénario ne risque pas de se reproduire dans la mesure où le centre de vaccination n'a pas reçu en quantités suffisantes les doses lui permettant de continuer à vacciner à pleine capacité. Jusqu'il y a encore quelques heures, il n'était d'ailleurs plus possible de prendre rendez-vous sur la plateforme du pôle de vaccination du Ceva. "Suite à un nouvel arrivage de 300 doses, il est à nouveau possible de s'inscrire sur le portail pour la semaine prochaine mais je conseille aux gens de ne pas tarder. Je ne peux ouvrir des places qu'en fonction du stock que je reçois", fait compendre le docteur Van Coppenolle qui n'est pas le seul à espérer une accélération rapide de la production des vaccins.