Depuis ce samedi matin, le parc Pairi Daiza est à nouveau accessible au public même si le nombre d'entrées quotidiennes restera fortement limité jusqu'à nouvel ordre pour des raisons sanitaires. Cette réouverture survient quelques jours après l'annonce par le bourgmestre d'Ath d'un séduisant projet de liaison en bus entre la gare de la cité des Géants et le domaine animalier de Cambron-Casteau (Brugelette).

"L'étude d'incidences relative au nouveau projet Sanctuary, du nom de cette gigantesque serre tropicale qui verra le jour en 2024 sur les anciens parkings de Pairi Daiza, démontre clairement que le développement exponentiel du parc entraîne d'importants et récurrents problèmes de mobilité. Celle-ci justifie l'urgence de mettre en service, via le réseau routier, des lignes de transport public (ou privé) entre la plus grosse attraction touristique du pays et les villes voisines dans la mesure où la SNCB ne sait pas aujourd'hui répondre à cette demande", indique Bruno Lefèbvre.

Dans un premier temps, l'homme fort de la capitale du Pays Vert avait tenté de convaincre la direction des chemins de fer de déplacer le point d'arrêt de Cambron-Casteau (ligne 90) et de le rapprocher du parc afin que celui soit véritablement desservi par le train comme c'est le cas du zoo d'Anvers. "Selon moi, c'était la solution idéale mais cette proposition soumise à Infrabel, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires, n'a pu aboutir", regrette notre interlocuteur.

Une autre idée s'est alors imposée au bourgmestre d'Ath, celle de permettre à une petite partie des visiteurs du parc privilégiant le rail (entre 10 et 15%) d'être pris en charge dès leur arrivée en gare d'Ath par plusieurs grands autocars, lesquels les achemineraient ensuite toutes les 20 à 30 minutes jusqu'à l'entrée du plus beau jardin zoologique européen. "L'avantage d'un tel projet est d'avoir été pensé en fonction des infrastructures existantes et de pouvoir offrir avec des coûts limités un véritable service de navettes entre le parc et les communes avoisinantes, à savoir Ath, Chièvres et Brugelette. Depuis la cité des Géants qui occupe géographiquement une position centrale entre des villes comme Bruxelles, Mons ou encore Lille, la longueur du trajet jusqu'à Pairi Daiza est d'un peu moins de 10km (9,6km) et sa durée d'environ 18 minutes. "

Le bourgmestre athois a fait appel à l'intercommunale Ideta dont il est le président pour que celle-ci imagine un projet d'aménagement territorial. Après plusieurs mois de réflexion, les plans sont réalisés et l'investissement chiffré à 2.200.000€. "Le projet consiste à légèrement modifier la berne centrale de la chaussée de Mons (N56) tout en permettant aux bus assurant la liaison vers Pairi Daiza de circuler prioritairement sur le tronçon de la voirie qui n'est pas en site propre. Au delà du carrefour de la Chasse Royale (Chièvres), l'aménagement en site propre de cette ligne de bus nécessiterait d'élargir la route et de la réajuster de manière à ce que les pistes cyclables se trouvent du même côté."

Quant au budget à prévoir pour l'acquisition du matériel roulant, il tourne autour des 700.000€. "A minima, on partirait sur l'achat de deux autocars de type accordéon dont les moteurs seraient alimentés par des carburants verts (hydrogène, électricité ou gaz naturel) afin de réduire l'empreinte carbone générée notamment par le trafic automobile car il est évident que ce projet répond aussi et surtout à des enjeux climatiques."  

Tant du côté de la direction de Pairi Daiza que des bourgmestres de Chièvres et de Brugelettte, on semble se montrer réceptif par rapport à ce projet dont la concrétisation dépend à présent des sources de financement disponibles. Le bourgmestre de la cité de Gouyasse espère convaincre les pouvoirs publics de contribuer à sa réalisation en lui affectant les subsides nécessaires. "J'ai rendez-vous sous peu avec les services techniques du SPW pour présenter le projet et voir comment on peut le financer. Dans le cadre des fonds européens (FEDER), je compte introduire un dossier de subventionnement au printemps prochain. En dehors des travaux de voirie, tout reste envisageable, y compris un partenariat avec une société de transport privé", conclut Bruno Lefèbvre.