Majorité et opposition n’ont pas la même vision de la gestion du patrimoine communal.

Alors que la Ville d’Ath est étranglée par une dette de 82 millions d’€, la majorité PS-Ecolo-MR n’a pas 36 000 solutions pour la rembourser. Le plan de gestion imposé par la tutelle prévoit, entre autres, la mise en vente d’une partie du patrimoine communal.

Histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards, le pouvoir local doit se résoudre à se séparer de certains biens, dont par exemple un logement de la rue du Pont- Carnail ou encore un terrain situé à l’entrée du village de Bouvignies et sur lequel un projet immobilier de trois logements publics était censé jadis voir le jour.

Le bourgmestre, Bruno Lefèbvre (PS), a fait savoir que cette parcelle inexploitée était désormais convoitée par un couple de particuliers désireux d’y bâtir une maison. Pour le maïeur, il n’y a aucune raison que la Ville ne réponde pas favorablement à la demande de ces candidats acquéreurs et à d’autres pour réduire son important déficit.

Triple problème

Certaines ventes comme celle-ci, mais pas que, font tiquer l’opposition LLA, qui ne cautionne pas non plus la vente d’un bâtiment derrière la gare (rue des Bateliers), à proximité de la future passerelle de la chaussée de Mons.

Pour Anne Dejonckheere, l’emplacement du bien en zone habitable devrait plutôt être valorisé par la Ville et non mis en vente. "La majorité se cache derrière son plan de gestion sans ambition de rénovation urbaine et n’agit pas en bon père de famille. Cela engendre un triple problème", estime LLA.

Les représentants du groupe minoritaire rappellent d’abord que la capitale du Pays Vert est confrontée à un manque de logements sociaux et qu’elle se situe d’ailleurs en-dessous du seuil de 10 % exigé par la Région wallonne. Sans parler du prix exorbitant des loyers dont beaucoup se plaignent.

"Secundo, la Ville propose un logement social alternatif à Verviers pour un locataire arrivant en fin de bail au Pont-Canail tout en gardant vides cinq chambres actuellement inoccupées depuis plus d’un an dans un immeuble près de Saint-Martin et ce dans l’espoir d’une revente. Ce patrimoine public est l’un des meilleurs placements qui soit pour la Ville. Outre une rentrée d’argent mensuelle, il s’agit de lutter contre la précarité de certains", assure-t-on chez LLA.

Le débat n’est pas clos.

B.D.