La Région Wallonne vient de rendre son rapport stratégique suite à l’appel citoyen Get Up Wallonia . "La proposition qui a remporté le plus de voix a été balayée d’un revers de la main!", déplore le groupe Revolth qui fédère les très nombreux opposants des 14 communes hainuyères figurant sur le tracé de la Boucle du Hainaut, du nom de cette future ligne à haute tension (380.000 volts) que le gestionnaire du transport d'électricité HT (Elia) entend mettre en service à l'horizon 2030 entre Avelgem et Courcelles (Charleroi).  

Dans un communiqué, les membres du collectif citoyen Revolth rappelle que la Wallonie avait mis de nombreux moyens en place pour son appel Get Up Wallonia. Via son site internet mais aussi par le biais d'une importante campagne de communication ainsi que de présentoirs dans les communes, le but était de recueillir le plus de propositions citoyennes pour participer à la relance de l’économie, de même qu'à une meilleure vision future de la Wallonie. "Comme toujours, nous avons voulu nous montrer collaboratifs en formulant une proposition qui s’est avérée celle qui a retenu le plus de voix, 1100 au total. Mais au final, c’est la déception. Dans le fameux bottin qui représente le rapport stratégique, on ne trouve pas trace de la proposition de décret relatif à la protection contre les éventuels effets nocifs et nuisances provoqués par les rayonnements non ionisants, ni même aucune explication qui aurait pu justifier l’abandon de cette proposition citoyenne", déplorent les représentants de l'asbl Revolth. 

"La proposition non retenue visait à inciter le monde politique wallon à établir un cadre légal clair et précis concernant les rayonnements ionisants en se basant sur le texte légal européen actuellement le plus abouti en la matière, à savoir l’ordonnance suisse 814.710 sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI)", explique Geoffrey Picron, initiateur de la proposition. Rappelons que, malgré ou à cause de son cadre légal précis, la Suisse est le premier pays européen à avoir initié un déploiement de la 5G. 

« L'objectif annoncé était de mettre autour de la table tous les acteurs, citoyens, industriels et politiques. La proposition se voulait constructive, poursuit Geoffrey Picron. En définissant clairement les limites et précautions à prendre dans le cadre de projet d’installations stationnaires émettrices de rayonnements non ionisants, il devient possible d’avancer et de faire évoluer plus sereinement notre société."

Par contre, la première action du plan d'action concernant la connectivité, c'est augmenter la tolérance à 20 V/m dans le décret actuel (pour l'instant 5 V/m) pour les champs électriques pour pouvoir déployer la 5G. La deuxième consiste à créer un comité d'expert CC5G pour accompagner et faciliter le déploiement.

Pour l’asbl Revolth, c’est la douche froide. "Après que les ministres Tellier et Borsus aient refusé l’implication des citoyens dans les études relatives au projet de la Boucle du Hainaut, c’est un nouveau pied de nez à la consultation citoyenne. Get Up Wallonia n’aura finalement été qu’un prétexte pour les décideurs politiques. Ces derniers n’ont repris que ce qui les intéressaient en mettant à la poubelle ce qui pouvait les perturber. Il semble que seules les propositions citoyennes qui allaient dans le sens des propositions des task forces Get Up Wallonia ont été reprises mais que les autres ont été systématiquement écartées. Il semble également que le critère de niveau d'adhésion des participants à telle ou telle proposition est pour les experts du gouvernement sans importance", regrette le collectif citoyen.