Depuis bientôt un an, le sport amateur fait partie des grands oubliés de la crise sanitaire. Un exemple parmi d'autres à Brugelette où celle-ci a empêché le judo-club de l'entité d’organiser ses activités (extra)sportives qui auraient dû lui permettre de faire rentrer un peu d’argent dans ses caisses pour faire face à ses frais de fonctionnement.

Le JCC-B n'a pas eu d'autre choix que de puiser dans ses réserves pour faire en sorte que des adhérents n'aient pas à pâtir de cette situation exceptionnelle. "Lors du coup d’envoi en septembre dernier de la nouvelle saison sportive, nous avons prolongé automatiquement les cotisations des membres qui s’étaient acquittés pour la saison entière tout en offrant gratuitement la nouvelle ceinture lors du passage des grades", explique Mario Di Loreto.

Et le président fondateur du club d’ajouter que la poursuite de la pratique du judo durant les 12 mois écoulés a occasionné des frais supplémentaires liés à l’achat de produits désinfectants et autres matériels de nettoyage. Parmi les autres charges pesant sur le club figurait encore le loyer mensuel pour l’occupation de la salle de sport de l’ecole communale qui sert de dojo à ses affiliés.

"Compte-tenu des circonstances, l’administration communale a décidé d'accorder la gratuité de la salle de septembre à décembre 2020 et dans un second temps, celle des installations jusqu'à la clôture en juin prochain de l'actuelle saison sportive", indique Mario Di Loreto, reconnaissant envers les mandataires de l’ex cité sucrière pour ce beau geste de solidarité qui oxygène un peu le finances du club.

En ce début d'année, les responsables du club avaient secrètement espéré revoir leurs judokas de plus de 13 ans ainsi que les pratiquants adultes mais le comité de concertation du 22 janvier dernier leur a donné une nouvelle fois un faux espoir de reprise. "Nous attendons ce fameux moment où nous pourrons accueillir de nouveau tous nos membres sur notre tatami", poursuit notre interlocuteur en croisant les doigts.

Une trentaine de nouveaux adhérents

En attendant ce fameux moment souhaité par tous, le club cher à Mario Di Loreto et son épouse Raffy fonctionne « presque » normalement avec la section des jeunes de moins de 13 ans s’il n’y avait pas toutes les contraintes dues au protocole sanitaire très stricte comme la désinfection automatique du tatami avant et après chaque séance. Les mains et pieds de chaque pratiquant sont aussi passés au gel désinfectant en montant et en sortant du tatami. Quant aux moniteurs, ils sont masqués du début à la fin des cours.

"Nous avons la chance de disposer d'une salle de sports de 350m² que l’on sait séparer par des épais rideaux en matière plastique dur et à laquelle il est possible d'accéder par plusieurs portes qui sont diamètrement opposées. A partir de ce mercredi, nous allons créer deux bulles de 10 pratiquants selon des critères d'âge. Celles-ci évoluerons sur deux surfaces de tatami différentes distantes de 4 mètres l’une de l’autre tout en séparé par l’épais rideau en plastique. L’entrée des o-Renshù (petits) se fera par la porte située dans la cour de l’école communale tandis que les plus grands (Ko-Renshù) ( plus grands) entreront par la porte habituelle du côté du parc"

La fermeture contrainte et forcée de la buvette depuis mars dernier prive le club du petit apport financier nécessaire mais également de cette ambiance familiale, chaleureuse, et conviviale qui règne habituellement au sein de celui-ci. Sur le tatami, par contre, cela se passe plutôt bien puisqu'en septembre dernier, le club a enregistré une bonne trentaine de nouveaux adhérents âgés de 5 à 13 ans.

Depuis toujours, le JCC-B n’organise pas de session spécifique pour les passages des grades, lesquels ont lieu lorsque les candidats ont accumulé le nombre minimum de leçons, les connaissances techniques par rapport au grade convoité et l’âge requis pour le grade à décerner.

A Brugelette, Mario et Raffy, les moniteurs, ont ajouté un critère supplémentaire : la politesse et le fair-play en toute circonstance. C’est ainsi qu’en ce mois de janvier, quatorze jeunes candidats ont présenté et réussi l’examen au grade supérieur avec six nouvelles ceintures bicolores tirant sur le blanc et le jaune, six ceintures jaunes et deux ceintures jaune-orange. Huit autres jeunes sont sélectionnés pour passer leur grade de 5ème Kyu (ceinture jaune) dans le courant du mois de février.

"Malheureusement, pour nos ados et judokas adultes qui sont privés depuis presque un an de pratique technique, une quinzaine d’entre-eux sont en attente de pouvoir passer leurs grades respectifs qui va du 5ème Kyu (jaune) au 1er Kyu (ceinture marron)". Les coaches brugelettois espèrent fortement que tous ces athlètes contraints à l’arrêt forcé ne se décourageront pas et reviendront au club dès que le coronavirus arrêtera de nous empoisonner l'existence.