La chienne baptisée Laïla a occasionné une immense frayeur à Stéphanie en pleine nuit. “Couchée sur son côté,  elle était complètement paralysée”. Inquiète pour Laïla, la propriétaire de l’animal a pris la décision de contacter un vétérinaire de garde. “J’ai mis plus de 30 minutes à chercher les numéros de garde et à les appeler conjointement. Je suis tombée sur un centre vétérinaire situé à Ath qui devrait être disponible 24h sur 24, comme indiqué sur leur site. Malgré avoir appelé deux fois en laissant un message, je n’ai obtenu aucune réponse”, précise la jeune femme.

“Par la suite, j’ai trouvé un site qui proposait quatre numéros d’urgence dans la région de Flobecq, Ellezelles, Mainvault et Wodecq. Encore une fois, personne n’a décroché”.

J’ai donc tenté de contacter le vétérinaire de mon village même s’il n’était pas de garde. Il a répondu après deux sonneries et m’a dit de venir directement avec mon chien. Le lendemain, aucun des vétérinaires contactés au préalable a pris la peine de me retéléphoner. Heureusement, j’ai rencontré un vétérinaire qui possède encore une conscience professionnelle et qui a pris mon chien en urgence même si je ne faisais pas partie de ses clientes”. Après une crise d’hypoglycémie, Laïla se porte aujourd’hui beaucoup mieux.

Selon le code de déontologie de l’ordre des médecins vétérinaires, “le vétérinaire doit informer en permanence sa clientèle sur sa disponibilité. En cas d’indisponibilité, il l’oriente vers un autre vétérinaire ou un groupe de vétérinaires qui aura marqué son accord préalable, ou vers le service de garde dont il fait partie”.

Des jeunes moins motivés

Bernard Gauthier, vice-président, de l’Union professionnel des vétérinaires (UPV), tient à préciser que la situation à laquelle Stéphanie a dû faire face n’est pas du tout “normale”.

Logiquement, chaque vétérinaire doit s’arranger avec les autres de sa zone afin d’assurer les soins et prévenir ses clients, des professionnels effectuant la garde. Malheureusement, la situation devient de plus en plus problématique. Dans la région de Couvin par exemple, avant des tournantes avaient lieu toutes les 6 ou 12 semaines. Aujourd’hui, nous sommes passés à toutes les 3 semaines”.

La raison de ce changement radical est pour Bernard Gauthier, la pénurie du secteur. “Nous commençons à rentrer dans une phase où la profession ne va pas bien. Les jeunes vétérinaires ont énormément de difficultés à percer dans la vie active”. Pour éviter que les clients soient démunis face à une urgence, comme cela a été le cas de Stéphanie, l’UPV propose sur son site de trouver un patricien, parmi 2 300 dans un rayon de 5 à 50 km dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles.