L’installation de caméras de surveillance sur la Grand-Place a suscité un vote unanime, jeudi soir, lors du conseil communal. "La Liste athoise adhère pleinement à ce projet censé renforcer la sécurité des citoyens avec toutes les garanties requises en matière de protection de la vie privée", s’est réjouie Pascale Nouls (LA).

Du côté de la majorité, Coralie Fontaine (MR) n’a pas non plus caché sa satisfaction de voir que la Ville va investir un budget de 30 000 € dans la mise en place d’un système de vidéosurveillance au cœur d’un espace public parmi les plus fréquentés du centre-ville.

Il faut dire que cette demande faisait partie des revendications de son parti lors de la signature du pacte de majorité avec le PS et Ecolo.

"La sécurité du centre-ville figure parmi les premières préoccupations de la population, principalement au niveau de la GP qui concentre un grand nombre de commerces, de cafés et de banques."

Avocate de profession, Coralie Fontaine insiste sur le fait que les images seront uniquement visionnées par la police en cas d’incident et sur demande. Tout en étant visibles, le ou les caméras de la GP seront annoncées par une signalétique particulière.

"En Belgique, la loi sur les caméras est hyper réglementée. Il est interdit d’en faire usage pour contrôler les opinions politiques, philosophiques, religieuses, syndicales ou encore les orientations sexuelles des citoyens."

Un vote par loyauté

Pour cette dernière, le recours à la vidéosurveillance déjà d’actualité dans d’autres villes de Wallonie picarde (Tournai, Enghien) ne sera qu’un outil parmi d’autres pour résoudre les problèmes de criminalité.

"Si des actes délictueux sont commis, ces caméras faciliteront le travail des enquêteurs en vue d’identifier les auteurs. Il faut avoir une approche positive de ces caméras qui peuvent aussi aider à localiser des enfants perdus lors de festivités."

Ce dossier suscite un peu moins l’enthousiasme des verts. "La sécurité est aussi une priorité chez Ecolo mais l’utilisation de caméras nous emmène sur le délicat exercice consistant à trouver le point d’équilibre entre sécurité et liberté qui sont des concepts totalement subjectifs. Alors que certains se sentiront rassurés dans le champ de vision d’une caméra bienveillante, d’autres se sentiront épiés, voire abusivement surveillés", argumente Laurent Delvaux.

Davantage par loyauté que par conviction, Ecolo a marqué son accord mais restera vigilant, tout en voulant rassurer ceux pour qui ces caméras pourraient être synonymes d’anxiété. "L’adversaire d’une vraie liberté est un désir excessif de sécurité." C’est sur cette citation de Jean de La Fontaine que Laurent Delvaux a clôturé son intervention.

B.D