Le 28 juillet 2020, un agent de quartier d’Amougies veut savoir qui sont les locataires d’un hangar, mais il découvre que la carte d’identité qui a été présentée par ces mêmes locataires fait partie d’un lot de fausses cartes d’identité. Le dossier est lancé.

Pendant des mois, la police va procéder à des observations avec un relevé des plaques d’immatriculation et des photos des personnes qui vont et viennent dans ce hangar. Il s’avère que les suspects sont domiciliés dans la région liégeoise. D’autres hangars vont être découverts à Andenne et plus près de Liège encore. Ce qu’on y fait ? De la culture de plants de cannabis.

À Amougies, les enquêteurs vont mettre la main sur 616 plants de cannabis ainsi que sur des chambres de culture. Des "jardiniers" ont été embrigadés. Des perquisitions vont être menées et on retrouvera par exemple une somme de 92 000 € et 2,2 kilos de cannabis. Des interpellations seront effectuées en septembre 2021.

À la barre du tribunal correctionnel, un Belge d’origine marocaine et un Albanais comparaissaient détenus. Un autre Albanais était aussi à la barre, libre. Ils doivent répondre, entre autres, de vente en association. Plusieurs personnes impliquées faisaient défaut. Le prévenu belgo-marocain indique qu’il a loué ses véhicules et qu’il a lui-même transporté du matériel sans savoir exactement de quoi il s’agissait. Il nie toute implication dans un trafic de stupéfiants.

L’Albanais détenu est considéré comme le dirigeant de cette association, ce qu’il réfute totalement. "J’ai apporté des produits d’entretien et des stupéfiants. Je savais que c’était illégal mais vu la situation économique, je l’ai fait."

Son cousin a été aperçu au hangar d’Amougies, mais il nie avoir mis les pieds dans ce village. "J’ai juste vu un panneau Tournai lorsque je me rendais à Paris. Sinon, je ne suis jamais venu dans la région."

L’ombre d’un homme chauve

Le ministère public n’est pas convaincu et demande trois ans de prison à l’encontre des trois prévenus et un an pour les jardiniers. La défense respective des prévenus a plaidé l’acquittement au motif qu’il n’y a pas assez d’éléments. L’avocat de celui qui est présenté comme le dirigeant estime que son client n’était pas le chef dans cette affaire. " On a retrouvé 92 000 € là où il se trouvait lors de la perquisition. Or, jamais un dirigeant ne conserve de liquide chez lui. Pour les autres préventions, nous demandons le sursis simple. Il est détenu depuis six mois. " 

L’ombre d’un homme chauve, présenté comme celui qui est à l’origine de tout ce trafic, a plané. Sa réelle identité n’a jamais été découverte. Jugement le 19 mai.