Depuis cinq ans, Christine est accueillante d'enfants dans la région du Pays des Collines. Durant cette crise sanitaire, la jeune femme a l'impression que son secteur est oublié alors qu'elle est obligée d'avoir des contacts permanents avec autrui.

"J'ai toujours pu continuer mon travail. C'est vrai qu'au mois de mars, certains parents ont préféré garder leurs enfants chez eux. J'ai également des parents qui travaillent en première ligne donc, les enfants sont toujours venus. Dans l'ensemble, je ne dois pas me plaindre. Cependant, beaucoup de collègues ont rencontré des difficultés et ont dû suspendre leur activité car les enfants restaient chez eux", déclare l'accueillante.

Aujourd'hui, Christine se sent très angoissée et a une peur constante de transmettre le virus à ses proches ou même aux enfants. "On vit quand même dans un stress. On désinfecte beaucoup et tout le temps. On prend beaucoup de précautions. Notre travail est aussi notre chez-nous. Donc, il y a la peur de donner le virus à ma famille mais également l'angoisse de le transmettre aux enfants ou aux parents", précise Christine.

L'incompréhension des enfants

Pour Christine, cette période est peu comprise par les enfants en bas âge. "Au début, le masque a été difficile pour eux, ils ne comprenaient pas. Aujourd'hui, ils ont l'habitude de le voir. Les petits ne se rendent pas compte de la situation. Ils ont maximum deux ans et demi. Il est donc difficile pour ces enfants de comprendre ce qu'il se passe actuellement. Je pense que les enfants qui sont en début de primaire sont plus conscients de la pandémie. En ce qui concerne les parents, ils sont très stressés et on ressent de l'énervement", précise la jeune femme.

Selon l'accueillante d'enfants, son secteur n'est pas assez mis en avant et il est légèrement oublié durant cette pandémie. "On a un métier qui n'est pas assez reconnu et je me sens oubliée. Car, même s'il y a beaucoup de mots, il n'y a pas de geste. On a reçu, de la part de l'école de l'enseignement spécialisé de Frasnes, un box avec plusieurs friandises et d'autres cadeaux. À ce moment-là, on s'est dit : enfin quelqu'un qui pense à nous", conclut Christine.