Les dessins de Magali Rousseau évoquent l’épidémie avec beaucoup de poésie.

À la fois tragique et historique, la crise sanitaire planétaire que nous traversons nourrit l’inspiration de très nombreux artistes, y compris de notre région.

Ayant quitté la France voici une dizaine d’années pour s’établir à Lessines, ville natale de Magritte - un des maîtres du surréalisme - Magali Rousseau, 49 ans, est graphiste de formation après avoir fréquenté le 75 à Bruxelles.

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Maman de trois enfants, elle profite de cette période de confinement pour assouvir sa passion du dessin et de la peinture. Ces évènements traumatiques constituent pour elle une source d’inspiration qui se reflète dans son travail artistique.

Touchée aussi par le virus

Ses dernières illustrations visibles sur sa page Facebook évoquent de manière poétique et humoristique l’épidémie de coronavirus.

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Qu’il s’agisse de personnages folkloriques tels que les géants athois et lessinois, de héros de dessins animés, de BD et de films (Les Schtroumpfs, La Belle au bois dormant, Cendrillon, E.T.) ou encore d’animaux emblématiques comme le koala, tous sans exception portent un masque de protection, symbole de la guerre contre l’ennemi invisible.

" Il est impossible de rester insensible à ce qui se passe pour l’instant dans le monde. Par le biais de mes dessins, j’essaie de transmettre des émotions que tout un chacun peut ressentir en ces moments difficiles. Je profite aussi de mon art pour susciter la réflexion tout en véhiculant sur un ton léger des messages de soutien mais aussi de sensibilisation par rapport à la nécessité de rester chez soi pour ne pas propager le virus. Je vois encore beaucoup de gens dehors qui n’ont pas conscience du danger " , confie Magali Rousseau.

Notre interlocutrice est bien placée pour le savoir, elle qui a été mise en quarantaine par son généraliste une dizaine de jours après avoir probablement contracté le Covid-19. "J’ai commencé par ressentir une grosse fatigue tout en ayant de la température. J’ai ensuite souffert de nausées et de fortes migraines, à tel point que la lumière de l’ordinateur me faisait horriblement mal aux yeux. Ces symptômes ont été fulgurants et m’étaient jusqu’alors inconnus."

Ayant déjà exposé à gauche et à droite, et même dans les métros de Paris et de Londres, Magali Rousseau, admiratrice de Klimt et de Van Gogh, songe à mettre sur pied une nouvelle exposition qui permettrait de récolter des fonds via la vente de ses tableaux Covid-19 au profit de la cause scientifique et médicale.