Le budget reste déficitaire mais la majorité assure que son plan de gestion sauve la Ville de la faillite.

Le moins que l’on puisse écrire, c’est que l’accouchement budgétaire aura pris du temps dans la cité des Géants. Le premier budget de la législature athoise aura mis six mois à naître et à être voté, lundi soir, au conseil communal.

À la décharge de la nouvelle majorité ayant hérité d’un déficit structurel de 2,2 millions d’euros dès son entrée en fonction, elle n’a pas été en mesure de le présenter plus tôt compte tenu d’une situation financière peu enviable qui l’a contrainte, suivant les directives de la tutelle, à élaborer un plan de gestion jusqu’en 2024 afin d’éviter à la Ville le scénario catastrophe d’une faillite.

Comme annoncé dans notre édition d’hier, les différentes mesures d’économie engagées par la nouvelle équipe au pouvoir ont déjà permis de résorber une petite partie de ce déficit, qui reste malgré tout conséquent (1 755 785 euros).

Paradoxalement, les dépenses de transfert augmentent de plus de 20 %, principalement en faveur du CPAS et de la zone de police, dont les réserves ont été complètement utilisées au cours de la précédente mandature.

Au service ordinaire, le budget 2019 préserve malgré tout, et c’est la bonne nouvelle de la soirée, un boni global de 4 133 381 euros résultant des exercices antérieurs.

À l’extraordinaire, la majorité PS-Ecolo-MR a prévu près de 13 millions de dépenses tout en cherchant à obtenir un maximum de subsides pour financer ses projets. Ainsi, un montant de 1 640 246 euros sera consacré à l’amélioration des voiries et des cours d’eau.

Le secteur culturel bénéficiera, lui, d’une enveloppe de 4 789 650 euros qui sera, entre autres, affectée à la préservation et à la rénovation du cortège de la ducasse du 4e dimanche d’août.

"La charge de la dette reste le principal talon d’Achille de la Ville. Il est indispensable de la réduire par un plan quinquennal d’investissements dont la balise ne dépassera pas 70 euros par habitant alors que le SPW nous autorise à monter jusqu’à 100 euros. C’est au prix de tels efforts que nous parviendrons à retrouver progressivement l’équilibre et à pouvoir envisager une baisse des taxes, qui atteignent des records à Ath ", commente le bourgmestre, Bruno Lefèbvre (PS).

Et le jeune maïeur socialiste d’ajouter qu’à politique inchangée les contribuables athois auraient encore davantage trinqué avec une explosion de la fiscalité, dont celle du précompte immobilier (2 300 centimes additionnels), qui figure déjà parmi les plus élevés de Wallonie.