Coïncidence ou pas ? Toujours est-il que quelques jours après avoir allumé symboliquement des feux pour rappeler son oppostion au projet de ligne à haute tension (Boucle du Hainaut), le groupe Revolth a eu l'agréable surprise de recevoir une invitation pour une rencontre avec Elia, le gestionnaire de transport électrique belge.

Alors que le dossier est désormais entre les mains de la Région Wallonne et que c'est au ministre Willy Borsus que reviendra en juin prochain la décision finale d'octroyer ou pas le permis nécessaire à la révision du plan de secteur, les représentants du collectif citoyen se réjouissent qu'un dialogue puisse s'amorcer avec Elia même si l'asbl défendant les intérêts de la population des 14 communes hainuyères figurant sur le tracé de cette future autoroute électrique entre Avelgem et Courcelles (Charleroi), ne veut pas d'une réunion de complaisance et fixe ses propres conditions.

"La direction d'Elia propose de rencontrer uniquement quatre personnes de l'asbl, laquelle ne peut accepter cette entrevue en comité restreint pour la simple et bonne raison que les 14 communes concernées - dont sept se situent en Wallonie Picarde - n'ont pas été en mesure de bénéficier des rencontres citoyennes promises lors de l'enquête publique", souligne Marie Reman. 

Et la porte-parole du collectif des opposants d'ajouter que les habitants du territoire impacté par ce projet se sont mobilisés contre celui-ci tout en rappelant que les conseils communaux des entités susceptibles d'être traversées par cette ligne aérienne de 380.000 volts, ont tous émis un avis négatif. 

"N'oublions pas non plus que de nombreux collectifs citoyens ont vu le jour dans ces différentes communes et que l'asbl Revolth a été créée pour représenter les citoyens qui en sont originaires", poursuit Marie Reman. Devant tous ces arguments, l'asbl Revolth demande à ce que cette rencontre se déroule en présence d’un représentant de chacune des 14 communes concernées. "En effet, chaque représentant connait mieux que quiconque les différentes incohérences du dossier déposé par Elia et il pourra ainsi exposer la vision du projet qui est propre à sa commune." 

Pour les opposants, la crise sanitaire ne peut, une nouvelle fois, servir d’excuses pour Elia afin de ne pas donner suite à l'asbl Revolth. "Les finances de l’organisme permettent de pouvoir organiser une telle rencontre tout en respectant les mesures demandées par le gouvernement fédéral dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19. De son côté, l’asbl Revolth s’engage, elle, à ce que ses représentants soient des personnes modérées afin d’éviter tout débordement et de pouvoir établir un dialogue constructif et en toute sérénité." 

Enfin, l’ASBL demande à revoir l’ordre du jour de cette réunion pour qu’elle ne soit pas qu’une simple discussion mais que des points importants soient évoqués et même actés. Parmi ceux-ci, épinglons la présentation du projet déposé à l’administration wallonne le 6 janvier dernier, l'exposé des éléments pris en considération dans les 22.000 courriers envoyés par les citoyens, la présentation des différentes alternatives envisagées à ce jour par Elia au 100% aérien, sans oublier les liens entre le projet de 150 kV et le projet Boucle du Hainaut qui n’apparaissent visiblement pas dans le dossier actuel.