OLLIGNIES La dangerosité d’une chicane pousse une riveraine à déposer plainte.

L’effroyable embardée ayant coûté la vie le week-end dernier à deux jeunes Bruxellois qui circulaient sur la N55, à Hoves (Silly), à bord d’un petit véhicule utilitaire en surcharge, a ravivé la polémique sur la dangerosité de certaines chicanes.

Précisons que celle installée voici vingt ans à l’entrée du village de Hoves, sur l’axe Soignies-Enghien, ne peut être ici mise en cause tant l’enquête a démontré que le véhicule accidenté roulait à une vitesse excessive alors que nous sommes à cet endroit en agglomération (50 km/h).

L’utilité et l’efficacité de tels dispositifs - conçus pour obliger les conducteurs à lever le pied - n’en demeurent pas moins brûlantes d’actualité.

En octobre dernier, une riveraine de la rue de la Florbecq à Ollignies a ainsi déposé plainte contre la Ville de Lessines et plus précisément contre le bourgmestre et son échevine des Travaux.

Circulation encore plus dangereuse

Nathalie Dony estime ainsi que la chicane installée par le SPW en 2007 à hauteur de son domicile rend la circulation encore plus dangereuse qu’auparavant sur cette voirie communale reliant Isières (Ath) à la cité de Magritte. Elle justifie sa démarche par des faits vécus par elle-même.

"J’ai décidé de saisir la justice après avoir failli être renversée par un 4x4 tractant une remorque. Celui-ci a mal négocié cette chicane alors que je me trouvais de l’autre côté sur le trottoir. Il s’en est fallu d’un cheveu que je sois fauchée. Si je ne m’étais pas jetée sur le côté, je ne vous parlerais pas en ce moment", témoigne cette dame qui, à l’instar de ses voisins, ne se sent plus en sécurité en sortant de chez elle.

Depuis la mise en place de ce dispositif, notre interlocutrice a comptabilisé pas moins de six accidents. "La chicane est tellement mal positionnée que les automobilistes roulant trop vite ou qui ne sont pas de la région vont emboutir des façades d’habitation ou des voitures stationnées le long de la route", déplore ainsi Nathalie Dony.

Sa propre voiture a d’ailleurs elle-même subi un sinistre total à la suite d’une embardée.

Quelque part, l’affaire n’est pas récente. La problématique ne date pas d’hier, il faut savoir que, déjà en 2006, des riverains avaient fait circuler une pétition en réclamant auprès de la Ville des aménagements concrets au niveau de cette zone.

Des promesses et…

"À part des promesses, nous n’avons jamais rien vu venir. Ce n’est qu’il y a deux ans que le SPW est venu poser à la demande de la commune une chicane avec deux plots en béton alors que le dispositif initial en prévoyait deux supplémentaires le long de cette route en ligne droite longue de plusieurs kilomètres. Il aurait fallu, de surcroît, que la chicane formant un S se situe davantage au centre de la route pour être efficace et faire en sorte que les voitures soient contraintes de ralentir entre ces obstacles", précise encore Nathalie Dony.

Cette dernière attend à présent des nouvelles du parquet de Tournai.

Bruno Deheneffe