Les habitants de Marcq (Enghien) ne sont pas prêts d'oublier les inondations sans précédent qui, voici déjà bientôt une semaine, ont touché de plein fouet leur village. Dans un communiqué, la Ville indique que des quantités d'eau tout à fait exceptionnelles ont été relevées lors de ce déluge qui s'est abattu sur la région d'Enghien et de Silly.

Entre 18h et 19h30, mardi dernier, on a mesuré 55 litres d’eau par mètres carré avec même un relevé à 70 litres au sud du hameau de Labliau, en tête du bassin versant de la Marcq, auxquels s’ajoutent 55 litres de précipitations moins intenses dans les heures qui ont suivi. Ces quantités d’eau totalement hors normes ont provoqué le débordement des zones d’immersion temporaire (ZIT) inaugurées en 2012 et qui avaient protégé le village de Marcq de toute inondation depuis lors.

Le débordement des ruisseaux a inondé l’autoroute Tournai-Bruxelles, à hauteur de Marcq, mais également la chaussée d’Ath ainsi que de nombreux riverains. Mais les inondations très importantes autour de la place de Marcq n’auraient pas atteint un tel niveau sans un autre événement qui a empêché le bon écoulement des eaux à la sortie du village. 

Telles sont les conclusions des services techniques de la province de Hainaut (gestionnaire de la Marcq, cours d’eau de 2ème catégorie), de la Ville et de l'intercommunale Ipalle qui se sont rendus sur les lieux des inondations dès les premières heures de la journée du mercredi 30 juin. Leur verdict est sans appel : les travaux commandés par Infrabel au niveau du pont sous le chemin de fer ont constitué une entrave au bon écoulement des eaux et provoqué les crues qui ont inondé le village de Marcq.

Pour comprendre les raisons de débordements d’une telle ampleur, Ipalle a investigué au niveau des travaux de réfection du pont du chemin de fer traversant la Marcq. Pour le bon déroulement des travaux de réfection du pont, la Marcq a été canalisée et étranglée à l’aide de plusieurs tuyaux. Ipalle a observé une différence de niveau entre l’amont et l’aval du pont d’environ deux mètres ainsi que l’obstruction partielle des tuyaux par de nombreux déchets de chantier (palettes, planches de bois, …). Ipalle a encore constaté que la crue du cours d’eau était inexistante après le pont.

Dans son rapport d’analyse, Ipalle conclut dès lors que l’inondation est due aux épisodes pluvieux et à l’étranglement de la Marcq à la suite des travaux de la société chargée de la gestion et de l'entretien des infrastructures ferroviaires belges. 

Les assureurs sont entrés en piste! 

Les eaux qui convergent vers ce pont sont issues de plusieurs cours d’eau (la Marcq, l’Odru et la Bellebeek) qui couvrent à eux trois un vaste bassin versant s’étendant sur Hoves, Marcq, Labliau et une partie de Saint-Pierre-Kapelle. Une entrave proche de ce point de confluence a donc inévitablement des conséquences particulièrement catastrophiques. L’analyse des techniciens de l'Intercommunale confirme les observations réalisées par le personnel communal qui attribue les causes des inondations du village de Marcq à ces travaux d'Infrabel au niveau du pont sous lequel le ruisseau traverse le chemin de fer.

Invités sur place par la Ville, les ingénieurs de la province et les responsables du chantier d’Infrabelont ont constaté l’étendue de l’inondation et demandé l’intervention d’une grue en urgence afin de démonter partiellement le barrage mis en place pour les travaux. Dans les minutes qui ont suivi la libération du barrage, la décrue s’est accélérée de manière significative au niveau de la place de Marcq, ce qui valide toutes les hypothèses formulées par les différents observateurs cités ci-avant. Un reportage photographique et vidéo atteste d’ailleurs ces observations.

Les dégâts des eaux sont extrêmement importants pour les habitants de la place de Marcq et de certaines rues voisines. Les autorités communales se sont rendues sur place dès les premières heures de la crue et pendant toute la durée de l’événement. Les pompiers et les ouvriers communaux ont apporté leur soutien aux victimes. Les assureurs sont entrés en piste pour constater les faits (en ce compris au niveau du pont de la Marcq) et conseiller leurs clients.

L'intercommunale Ipalle indique que la station d'épuration d’Enghien (Marcq) est à l’arrêt depuis le mardi 29 juin à 23h45. En raison de la présence d’1,60 m d’eau dans les bâtiments, le transformateur haute tension et les tableaux électriques, notamment, sont hors d'usage. La station d'épuration sera potentiellement à l’arrêt pendant plusieurs semaines.