Annulé en raison de la crise sanitaire, le festival LaSemo était parvenu malgré tout à se réinventer brillamment l'été dernier au travers d'une édition plus intimiste respectant les mesures de distanciation sociale. Rebaptisée Ceci n'est pas LaSemo, cette formule inédite avait offert en toute sécurité une bouffée de culture à plus de 6.000 personnes au coeur du domaine d'Arenberg sans qu'aucun cluster ni aucun cas de coronavirus ne soit détecté. 

Un an plus tard, les organisateurs ne sont toujours pas en mesure de pouvoir entamer la préparation d'une version revue et corrigée du festival enghiennois. A l'instar de leurs confrères, ils sont dans l’attente d’une décision claire sur l’annulation des prochains grands événements estivaux. Sans cette confirmation gouvernementale officielle et précise - à savoir une interdiction jusqu’au 1er août des manifestations de plus 5.000 personnes par exemple - la situation demeurera intenable pour les organisateurs. Parmi eux, certains ont déjà dû se résoudre, seuls, à l’annulation ou au report de leurs activités culturelles, avec toutes les difficultés que cela représente.

Plus que jamais, l’équipe du festival LaSemo réclame des perspectives claires de reprise du secteur culturel. "Ces perspectives sont nécessaires pour préparer ces moments d’évasion et de culture à une population essoufflée par des mesures contraignantes. Cette année, nous avons lancé Explorarium, un événement en plein air créé de toutes pièces pour être 100% covid-proof. Malgré la mise en place de protocoles sûrs, les deux premières éditions de ces balades immersives sans risque pour le public n’ont pas pu avoir lieu. Nos protocoles sont sûrs depuis des mois. Une fois de plus, le professionnalisme et l’expertise des opérateurs événementiels ont été balayés sans discussion par des mesures incohérentes”, déplore Samuel Chappel, directeur-fondateur de LaSemo.

A l’heure actuelle, les organisateurs du festival sont bloqués au stade de l’écriture de multiples scénarios sans savoir dans quelle direction le vent politique tournera. "Alors qu’aucun cas n’a été décelé lors des événements de l’été dernier. Alors que des études et événements tests réalisés partout en Europe montrent que la culture en plein air est entièrement sûre, le Codeco se borne à une gestion risque zéro à l’horizon infini", constate avec regret Samuel Chappel. 

Et ce dernier d'ajouter que dans ces conditions, "il est impossible pour les organisateurs de commencer la mise en place opérationnelle de quelconque événement, sans une communication gouvernementale nécessaire pour avancer alors que ces événements nécessitent plusieurs mois de préparation. Sans protocole, aucun projet ne peut être finalisé, ni même réellement débuté."

C'est justement ce vendredi que le comité de concertation en charge de la gestion de la crise sanitaire se réunira afin de trancher sur l’horizon culturel et le plan plein air de l’événementiel. Dans cette optique, les organisateurs demandent aux responsables politiques de libérer le secteur des mesures jugées incohérentes qui l’étouffent depuis des mois. Pour tout un secteur en pleine crise, les organisateurs demandent au Codeco se rouvrir la culture sans plus attendre avec des mesures sécurisées mais réalistes tout en donnant au secteur des protocoles clairs pour imaginer des événements alternatifs et/ou à jauge réduite. 

"Des perspectives claires sont indispensables. Un événement, un spectacle, ne se crée pas et ne s’organise pas en quelques semaines", rappellent-ils. Voilà pourquoi les organisateurs demandent aux décideurs d’autoriser, dès le début du mois de mai, la reprise des spectacles avec une capacité de 200 personnes en plein air et 100 personnes en intérieur. Ils sollicitent, en outre, des soutiens financiers concrets et des fonds de relance adaptés.