Un habitant d'Enghien, condamné en novembre dernier par la sixième chambre correctionnelle du Hainaut, division de Tournai, à une peine de dix ans de prison ferme et à la mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) pour une même durée pour des faits de mœurs, a demandé mercredi à la troisième chambre de la cour d'appel de le punir moins sévèrement. Le ministère public a demandé de confirmer la peine, mettant l'accent sur le caractère pervers particulièrement inquiétant du prévenu.

Ce dernier a été condamné pour viols et attentats à la pudeur commis à l'égard de sa fille âgée de cinq ans. Celle-ci avait dénoncé les faits à sa marraine, sœur du prévenu, le 28 août 2017, mimant des gestes de masturbation et de pénétration. La marraine a pris ces déclarations au sérieux car, elle-même, avait subi des attouchements dans sa jeunesse. Lors d'une audition vidéo filmée à la police, l'enfant a déclaré qu'elle participait aux jeux sexuels de ses parents.

Alors que sa mère a écopé d'une peine de cinq ans avec sursis probatoire et qu'elle n'a pas fait appel, son père, en aveux, a demandé à la cour de revoir la peine à la baisse et de supprimer la mise à disposition du TAP. Le ministère public s'y est opposé, déclarant qu'un suivi judiciaire était indispensable compte tenu du profil du prévenu "qui obligeait son épouse à avoir des relations sexuelles avec des hommes rencontrés sur internet".

Selon l'avocat général, le prévenu "très porté sur la chose" obligeait son épouse à avoir trois ou quatre relations sexuelles par jour. "Un jour, elle a refusé. Elle a déclaré qu'il l'avait attachée à une chaise, et qu'il avait uriné et déféqué sur son visage". La défense a insisté sur le retard mental du prévenu qui, toutefois, a été reconnu comme responsable de ses actes par les experts en santé mentale.

L'arrêt sera prononcé le 4 mai.