Comme annoncé dans une récente édition, un promoteur immobilier devrait prochainement introduire une demande de permis en vue de construire et de gérer une maison de repos dans la rue des Augustins. Fonctionnant un peu comme une résidence-services, celle-ci comporterait une cinquantaine d'appartements ainsi qu'une trentaine de studios répartis sur quatre niveaux (rez de chaussée + trois étages) pour des personnes du 3ème âge encore relativement autonomes. 

De source bien informée, le candidat investisseur exploite déjà deux infrastructures de ce type dans la région de Mons et de Charleroi. Ce projet dont ils ont eu vent dernièrement suscite l'inquiétude des membres du cercle royal archéologique d'Enghien en raison de sa localisation. En effet, la rue des Augustins se situe dans la partie la plus ancienne de la cité d'Arenberg et abrite un nombre important de bâtiments remarquables datant du 18ème siècle.

Parmi ceux-ci, certains son classés comme la chapelle des Augustins ou encore la façade et le porche du couvent des Clarisses, de même que l'ancien vicariat de style Louis XVI. "Voici quelques semaines, nous avons rencontré le promoteur qui nous a montrés ses plans. Pour autant qu'il obtienne le permis du fonctionnaire délégué de la Région Wallonne, il envisage de racheter la partie classée pour en faire un espace culturel auquel nous serions associés en plus de la construction d'un home privé dont le volume nous semble démesuré. Si un tel bâtiment devait voir le jour, il dénaturerait complètement cette rue chargée d'une longue histoire", redoute Marc Vanderstichelen.  

Et notre interlocuteur d'ajouter que le cercle royal archéologique qu'il préside ne peut cautiionner un projet de cet ampleur à cet endroit-là. "On veut se donner le temps de négocier avec le promoteur pour qu'il élabore un projet plus harmonieux et respectueux des lieux à la place de ce qui s'apparente à un paquebot colossal à front de rue." 

Autant d'éléments qui ont poussé le CRAE à solliciter auprès de la Région Wallonne l'inscription de l'ensemble architectural de la rue des Augustins sur sa liste de sauvegarde avant qu'il ne soit trop tard. "Dans le cadre de cette demande de reconnaissance, nous allons mobiliser nos 330 membres mais aussi les riverains et plus largement la population enghiennoise pour que le dossier ait toutes les chances d'aboutir", confie Marc Vanderstichelen. 

Une pétition en ligne vient d'être lancée et a déjà récolté 468 signatures auxquelles devraient venir s'en ajouter beaucoup d'autres dans les jours et les semaines à venir.