Le collège communal de Flobecq vient de remettre un avis favorable dans le cadre du projet de six logements éco-touristiques (six châlets sur pilotis) et d'un enclos abritant une meute de six loups sur le site de l'ancienne sablière du Mont de Rhodes pour lequel une demande de permis avait été introduite, avant d'être soumise à une enquête publique qui s'est clôturée le 2 avril dernier. 

Celle-ci a pourtant donné lieu à quelque 700 réclamations dont l'immense majorité émanent d'associations de protection animale ainsi que de groupes environnementalistes tel que Climaxi, actif de l'autre côté de la frontière linguistique. Ses membres craignent que Tony Fort, l'investisseur, ne finisse par transformer les carrières d'argile sableuse en une sorte de petit Pairi Daiza. Une pétition a également circulé sur le Net. 

Les opposants de Climaxi soupçonnent, par ailleurs, que ce projet ne soit que la 1ère phase d'un plan plus large qui comprendrait 22 chalets au coeur d'une zone protégée Natura 2000 mais aussi des jeux d'eau, des pâturages d'oiseaux ou encore un parking d'une capacité de 410 voitures. "Au lieu d'une initiative touristique durable à petite échelle, un mégacomplexe est en train d'être implanté ici", affirment-ils. 

Des allégations jugées totalement démagogiques par le bourgmestre flobecquois pour qui la démarche pétitonnaire de certains opposants criant au loup ne vise qu'à raviver les tensions communautaires qui avaient prévalu au début des années 2000 autour de l'exploitation de la décharge du Radar avant que celle-ci ne finisse par cesser définitivement ses activités. 

"Ce projet sur lequel la commune travaille depuis longtemps avec son promoteur mais aussi la Région Wallonne, le parc naturel du Pays des Collines et l'intercommunale Ideta, a été mûrement réfléchi et n'a rien à voir avec le le projet mégalo décrit par les contestataires. Nous l'avons toujours soutenu car celui-ci s'inscrit dans le cadre de la revitalisation d'un tourisme maîtrisé et cohérent sur le site de La Houppe. L'auteur de projet a d'ailleurs consulté plusieurs bureaux externes spécialisés en aménagement du territoire et le fonctionnaire délégué du SPW  s'est rendu sur place", indique Philippe Mettens. 

Ce dernier se réjouit néanmoins que des particuliers aient formulé des remarques pertinentes et constructives, notamment en matière de sécurité et de bien-être animal: "Il s'agit bien évidemment de loups nés dans des élevages et non de spécimens capturés dans la nature. Ces animaux bénéficieront de conditions de vie optimales en ayant à leur disposition un territoire ultrasécurisé de près de deux hectares au coeur d'un massif forestier. Les agriculteurs ayant des moutons n'ont absolument rien à craindre et peuvent dormir sur leurs deux oreilles."

Le bourgmestre insiste encore sur le fait que la sablière est une zone paysagère exceptionnelle qui n'a jamais été accessible au grand public. Le futur parc permettra justement aux touristes qui séjourneront à l'intérieur de celle-ci d'en découvrir toute la beauté et les richesses.