Didier (prénom d'emprunt) et son frère, Grégory (prénom d'emprunt) vivent actuellement chez leur grand-mère. Ces deux jeunes hommes ont vécu une enfance éprouvante, voire chaotique. En effet, leurs parents sont très bien connus de la justice pour des faits liés à des stupéfiants. C'est donc, depuis leur plus jeune âge, que les deux frères font des allers et des retours entre les Institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ) et le domicile de leur grand-mère.

Après avoir formé une opposition à un jugement en octobre 2020 qui le condamnait à six mois d'emprisonnement et 50 euros d'amende, Didier comparaissait devant le tribunal correctionnel de Tournai à la suite de coups et blessures à l'égard de son frère. Effectivement, deux ans auparavant, au domicile de la grand-mère à Frasnes, une dispute a éclaté entre Didier et Grégory à propos d'une histoire de cigarette. Le prévenu s'en est pris à son frère en lui portant des coups, dont un avec une fourchette. La grand-mère est alors intervenue afin de calmer les deux jeunes hommes. En arrivant au domicile, les policiers ont alors remarqué que les deux frères présentaient des blessures et davantage Grégory.

À la barre, Didier reconnaît les faits sans s'en souvenir. "Je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé ce jour- là. Si on me dit que cela s'est passé, c'est que c'est le cas", déclare le prévenu. Quand le jeune homme parle de sa situation actuelle, ce dernier semble aller de l'avant. " Pendant la grosse vague du coronavirus, j'ai travaillé dans une maison de repos. En ce moment, je cherche de l'emploi et je réponds à beaucoup d'offres. En ce qui concerne mon frère, maintenant, on s'entend bien."

Lors de l'audience, l'avocat n'a pas hésité à rappeler l'enfance agitée de Didier. Il s'est également permis de lire une lettre, écrite par la grand-mère du prévenu. Dans cette dernière, elle mentionne avec beaucoup d'empathie, la jeunesse tumultueuse de Didier mais également, son évolution depuis qu'il a eu la chance de travailler au sein d'une maison de repos. Pour elle, le jeune homme semble plus calme et a l'air d'être motivé dans sa recherche d'emploi.

L'avocat du prévenu demande une suspension du prononcé afin de laisser une chance à Didier d'entrer dans le monde du travail. Le représentant du ministère public, quant à lui, requiert une peine de travail. Le jugement sera prononcé le 11 mars.