Un nouveau plan de circulation sera prochainement testé dans la traversée de Gages. Celui-ci s'appliquera uniquement aux automobilistes qui transitent par ce petit village de l'entité brugelettoise pour rejoindre le parc Pairi Daiza. Si ces derniers seront toujours autorisés à rallier à l'aller le domaine animalier de Cambron-Casteau par Gages en empruntant la rue de Gand ou l'avenue des Cerisiers, ils ne pourront plus reprendre le même itinéraire au retour.

Suite au ras-le-bol des Gageois qui supportent de plus en plus mal l'incessant trafic des voitures généré par le parc, le bourgmestre de Brugelette a pris un nouvel arrêté de police qui divise le conseil communal tout en fâchant la direction du plus beau beau jardin zoologique européen.

Concrètement, le futur dispositif qui entrera en vigueur dès que les panneaux de signalisation commandés seront réceptionnés et installés, obligera les visiteurs quittant Pairi Daiza à emprunter la nouvelle route de contournement débouchant sur la chaussée de Mons (N56) au sud du parc.

Le bourgmestre ne cache pas qu'il s'agit là d'une façon de mettre la pression sur le gouvernement wallon qui, depuis plusieurs années, promet aux habitants de Gages la construction d'une nouvelle route d'accès à Pairi Daiza par le nord contournant leur village de manière à le désengorger du charroi actuel. Or, ces derniers s'impatientent et sont comme Saint-Thomas car ils ne voient rien venir. Il faut dire que 2020 a été marquée par la crise sanitaire et que pas mal de dossiers accusent du retard.

"Le SPW a prévu durant cette législature les crédits nécessaires pour réaliser cette liaison de quelques kilomètres depuis la sortie des parkings du parc jusqu'à la N523 Silly-Brugelette. L'investissement à consentir est de l'ordre de 3.500.000€", rappelle André Desmarlières.

Toujours est-il que la décision du maïeur d'empêcher les visiteurs quittant le parc de retraverser Gages en direction d'Ath et de l'A8 Tournai-Bruxelles est loin de faire l'unanimité. D'autant que pour être efficace, la future signalisation risque ne pas suffire sans un renforcement des contrôles. "Je demande la collaboration pleine et entière des services de police pour la faire respecter. Les panneaux sont commandés et devraient être placés aux endroits clés dans le courant du mois d'août", précise le bourgmestre.

Bien qu'approuvé majoritairement par les élus locaux, cette décision encouragée par l'opposition Brugelette Ensenmble doit encore être validée par la tutelle avant de pouvoir être appliquée. Pour le 1er échevin Didier Strebelle qui s'y oppose, cette solution n'en est pas une car elle ne fera que reporter le problème sur les autres villages situés autour du parc.

De leurs côtés, les responsables de Pairi Daiza n'ont pas hésité à transmettre une lettre de mécontentement aux mandataires politiques brugelettois. D'un point de vue juridique, ils s'interrogent sur la légalité d'une telle mesure tout en rappelant que le parc verse chaque année à l'ancienne cité sucrière une dotation de plusieurs centaines de milliers d'euros. De l'avis de certains observateurs, il serait dommage que ces problèmes de mobilité récurrents et à ce jour non résolus finissent par détériorer les bonnes relations qu'entretiennent les deux parties.