L’herpès de l’éléphant ne cause pas un simple bouton de fièvre comme le fait l’herpès buccal qui affecte les humains. Il est l’une des plus grandes causes de mortalité infantile chez les éléphants d’Asie, tant en milieu naturel que dans les jardins zoologiques. Ce virus est vraisemblablement présent de façon latente chez la plupart des éléphants mais ce sont surtout les jeunes qui y sont sensibles. Il frappe essentiellement les individus âgés de 1 à 8 ans. Il provoque une maladie hémorragique aigüe, se traduisant notamment par des œdèmes et des hémorragies internes. Les jeunes éléphants d'Asie perdent la vie dans plus de 80% des cas et ce en quelques heures ou quelques jours à peine

Pairi Daiza est actif sur trois fronts pour combattre l’herpès des éléphants

A l’heure actuelle, aucun vaccin ne permet de protéger les éléphants et aucun traitement ne peut garantir la guérison de l’animal une fois qu’il a déclaré la maladie. Seul un traitement de soutien peut, dans les cas les plus favorables, s’avérer salvateur, surtout s’il est mis en place rapidement. C’est notamment ainsi qu’avait pu être sauvée, en février 2019, la petite Sanuk, une éléphante d’Asie de deux ans résidant au ARTIS Amsterdam Royal Zoo (Pays-Bas) qui était infectée par l’herpès des éléphants. Et, deux ans plus tard, en juin 2021, la jeune Amithi à Pairi Daiza. Dès l’apparition des premiers symptômes, les éléphantes avaient pu bénéficier, notamment, de transfusions de plasma, collecté auprès d’éléphantes de Pairi Daiza. En effet, avec son troupeau d’éléphants le plus grand d’Europe (21 éléphants d’Asie et 2 d’Afrique), d’une part, et le recours au « contact direct » entre les éléphants et leurs soigneurs Pairi Daiza, est de facto une banque de plasma.

Grâce à cette relation de proximité permanente entre les animaux et leurs soigneurs, il est possible de prélever 2 rapidement et en toute sécurité une grande quantité de sang quand un éléphanteau est en danger. Le sang des vingt-et-un éléphants d’Asie du Parc représente ainsi une ressource précieuse de plasma pour intervenir en cas d’urgence dans d’autres parcs en Europe. Dans le même temps, la Pairi Daiza Foundation a travaillé à la mise en place d'un laboratoire de diagnostic de l'herpès de l’éléphant en Belgique, en collaboration avec le laboratoire vétérinaire Zoolyx d’Alost. La prochaine étape porte sur la mise au point d’un vaccin.

La Pairi Daiza Foundation s’associe à Vaxinano pour développer un vaccin.

Pour protéger cette espèce, classée « en danger » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN), un vaccin représenterait un outil de choix. Le développement de ce précieux bouclier requiert toutefois de longues recherches, d’autant plus que l’herpèsvirus de l’éléphant est particulièrement difficile à étudier en laboratoire. La Pairi Daiza Foundation est heureuse de contribuer à ces recherches en soutenant un projet innovant mené par Vaxinano, société de biotechnologie française spécialisée dans le développement de vaccins et déjà impliquée dans la conservation des espèces menacées aux côtés de Pairi Daiza avec une précédente campagne de vaccination des primates contre la toxoplasmose.

Cette contribution de la Pairi Daiza Foundation, qui s’élève à 75.000€, permettra de financer le développement de composants du potentiel vaccin et de contribuer à des analyses visant à déterminer comment le système immunitaire des éléphants y réagit. Un processus qui se déroulera dans les laboratoires de Vaxinano, mais aussi dans l’enceinte de Pairi Daiza, les analyses impliquant notamment la récolte régulière d’échantillons de sang auprès des éléphants du Parc. Le chemin est encore long avant d’aboutir mais l’espoir est grand pour les éléphants d’Asie, dont la vie de chaque éléphanteau est mise en péril par ce virus mortel.