Pressenti sur le site de l’Esplanade, celui-ci divise majorité et opposition pour de multiples raisons.

Dans le cadre de son programme stratégique transversal, une des priorités de la nouvelle majorité athoise est de promouvoir l’accès au sport pour tous. Pour ce faire, celle-ci projette d’installer sur le site de l’Esplanade une quinzaine d’appareils destinés à tout un chacun désireux d’entretenir sa condition physique gratuitement et en plein air.

Huit engins dédiés à la pratique du fitness (vélo elliptique, rameur, sac de frappe, etc.) seraient accessibles du côté de la rue Defacq, au bout du terrain de jeu de balle tandis qu’à l’opposé, du côté de l’hôtel des Finances et de la rue Isodore Hotton, une seconde zone comprendrait des barres parallèles, des haies d’obstacle ou encore une échelle horizontale.

Figurant à l’ordre du jour du conseil communal, le dossier divise majorité et opposition. Par la voix de Pascale Nouls, chef de file de la Liste athoise, la minorité s’y oppose pour diverses raisons.

"La Ville prévoit de consentir un investissement de 74 000 € et de contracter un emprunt sans être sûre d’obtenir les subsides", déplore Pascale Nouls. L’intéressée reproche à la majorité de continuer à engager de nouvelles dépenses alors que celle-ci prive le personnel communal de primes de fin d’année.

En charge des Sports, l’échevin Jérôme Salingue a répliqué en précisant bien que ces infrastructures sportives à ciel ouvert ne verraient le jour qu’à la seule condition que le SPW (Infrasport) finance le projet à hauteur de 75 %.

Son interlocutrice s’est interrogée sur le fait de savoir si les riverains avaient été consultés et quel type de public est ciblé, avant de justifier le refus de son groupe de cautionner un projet qui, à ses yeux, n’est pas suffisamment abouti.

"En plus de défigurer le paysage de l’Esplanade, vous risquez de renforcer les problèmes de mobilité en ville. Ne serait-il pas plus judicieux d’implanter ce projet en périphérie ou dans un village. Qui sera chargé d’entretenir le matériel ? Y aura-t-il une surveillance pendant le training ? Et quid de la responsabilité en cas d’accident ?" s’interroge encore Pascale Nouls.

Pour cette dernière, l’entité compte déjà suffisamment de salles de fitness. Elle ne voit dès lors pas l’intérêt de faire de la gym en extérieur, de surcroît dans un pays comme la Belgique où la météo est souvent pluvieuse. Autant d’arguments que ne partage pas l’échevin des Sports.

"Ces équipements sont spécialement conçus pour rester dehors quelle que soit la saison. En étant placés à chaque extrémité de l’Esplanade, ils s’intègrent parfaitement sans dénaturer le poumon vert de notre ville. Comme pour toutes les plaines de jeux situées sur le territoire athois, c’est une obligation de les contrôler une fois par an. En cas d’accident, nous déclinons de la même façon toute responsabilité, sauf bien sûr s’il s’avère que le matériel est défectueux", conclut Jérôme Salingue.

Bruno Deheneffe