Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'hiver actuel nous aura réservé son lot de précipitations. Une situation qui permet une recharge des nappes phréatiques wallonnes mais qui augmente sensiblement le débit des fleuves et rivières causant, malheureusement, de catastrophiques inondations. Les habitants de la région ne diront pas le contraire.

Pour lutter contre ce problème, la Région wallonne soutient la mise en place de dispositifs préventifs, notamment au travers de la cellule du Giser (Gestion Intégrée Sol, Érosion, Ruissellement). Comme l'explique le député wallon Laurent Agache (Écolo), les conditions des récentes fortes précipitations ont, en quelque sorte, consisté en un stress test de ces ouvrages préventifs en matière d'inondation.

"Quel est le bilan à tirer de la situation actuelle ? Certains dispositifs sont-ils plus efficaces que d'autres ? Des points faibles ont-ils été constatés sur le terrain et quelles mesures sont-elles mises en œuvre pour y remédier ?", a demandé le député au Ministre-Président wallon, Élio Di Rupo (PS).

Ce dernier a ainsi expliqué que les crues hivernales de janvier dues aux débordements de cours d'eau, et qui occasionnent des désagréments, ne sont pas exceptionnelles. "Elles présentent en effet une période de retour de trois-quatre ans."

En règle générale, il n'y aurait eu que très peu de dommages aux habitations. Les ouvrages de rétention d'eau n'ont ainsi pas été fortement sollicités. "Ils sont en principe dimensionnés pour faire face à des crues plus importantes. En ce qui concerne le bassin de la Dendre, la zone d'immersion temporaire située sur le ruisseau d'Ancre a été utilisée très partiellement. Pour la Sille, les niveaux étaient hauts, mais a priori aucune habitation n'a été touchée. Pour la Dendre orientale et occidentale, rien de particulier n'a été signalé. Enfin, sur la Dendre canalisée, les nouveaux barrages de Papignies et Deux-Acren ont fonctionné. À Deux-Acren toujours, la digue anti-crue a évité les inondations régulières observées dans ce secteur. Pendant l'épisode de la crue, le SPW a surveillé les zones et en a profité pour mesurer le débit des cours d'eau."

Elio Di Rupo confirme que ces informations permettront d'améliorer les modèles prédictifs. "Le dimensionnement de futurs ouvrages ainsi que la cartographie d'inondations pourraient être dès lors optimisés, actualisés. Concernant le ruissellement, la situation en janvier met en évidence la saturation en eau des sols et bien sûr du coût des difficultés d'évacuation. Des accumulations de boue ont été observées localement. Il a également été constellé par la cellule gestion intégrée du sol érosion-ruissellement, connu par l'abréviation GISER, que l'entretien préventif de ces petits ouvrages avait été effectué."