En tant que mandataire communal mais aussi ancien usager du rail, Oger Brassart se bat depuis de nombreuses années pour tenter de maintenir, non sans difficulté, une offre ferroviaire digne de ce nom sur la ligne 90 desservant la cité de Magritte. Au début des années 70, quelque 3000 navetteurs prenaient chaque jour le train au départ de la gare de Lessines. De nos jours, ils ne sont plus que quelques centaines à la fréquenter quotidiennement.

Celle-ci a perdu une grande partie de son attractivité fin 2014 lorsque la SNCB a décidé de mettre un terme à la relation directe qui existait entre Lessines et Bruxelles. "Jusqu'alors, un train partait toutes les heures de la cité du Porphyre vers Ath où une rame en provenance de Tournai été alors accrochée à celui-ci pour transporter les voyageurs lessinois sur la ligne 94 à destination de la capitale. Le temps d'effectuer cette opération, les navetteurs venant de Tournai perdaient 7 minutes, ce qui a motivé la direction du chemin de fer à supprimer cette correspondance en direction de Bruxelles", déplore Oger Brasart.

Depuis lors, cela n'a fait que dissuader les Lessinois - mais aussi les navetteurs des entités voisines de Flobecq et d'Ellezelles - d'embarquer en gare de Lessines. Désormais, ces derniers préfèrent pendre le train au départ de la gare de Silly située sur la ligne Tournai-Bruxelles (94), quitte à faire quelques kilomètres en voiture ou à rejoindre celle de la cité des Géants à bord des bus des TEC spécialement affrétés pour ceux qui proviennent de la région des Collines.

"Force est de constater que la SNCB ne calque plus son offre sur la demande des voyageurs mais ce sont ces derniers qui doivent s'adapter à la sienne". Un an avant la suppression de cette fameuse correspondance vers Bruxelles au départ de la gare athoise, notre interlocuteur avait mis sur pied un groupe de travail qui regroupait un élu de chaque parti siégeant au conseil communal avec pour objectif de faire bouger les choses. « Au travers de ce groupe qui s'est réuni pendant plusieurs années, nous n'avons pas ménagé nos efforts pour faire entendre notre voix mais obtenir satisfaction de la part des responsables de la SNCB ».

La desserte ferroviaire à destination de Bruxelles mais aussi vers Tournai restant très problématique pour bon nombre de Lessinois qui ont d’ailleurs progressivement délaissé leur gare, Oger Brassart a décidé de repartir au combat. Notre interlocuteur vient de lancer sur sa page Facebook un appel aux personnes qui se sentent concernées par sa démarche

"A la suite d’une réunion informelle avec l’asbl « Navetteurs.be », celle-ci propose ses services comme relais auprès de la SNCB et suggère la création d’un petit groupe de navetteurs particulièrement concernés et sensibilisés. Il ne s’agit pas d’établir des constats. Les faits sont là et un groupe de travail réunissant les différentes composantes politiques lessinoises avait été créé auparavant. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui c’est, au regard de l’évolution de la desserte actuelle, de faire des propositions très concrètes", commente Oger Brassart.

Ce dernier a pris contact avec des navetteurs de cette asbl dont certains sont parvenus à faire bouger les choses dans d'autres régions du pays où l'offre de la SNCB posait également problème. Avant la fin de ce mois pourrait se dérouler en visioconférence ou en présentiel une première réunion de travail à laquelle participeraient des navetteurs de l'entité ainsi qu'un représentant de chaque formation politique lessinoise.

"Toutes les suggestions seront les bienvenues même si la priorité serait de rétablir une relation directe entre Lessines et Bruxelles comme celle qui fonctionnait voici encore quelques années à raison de deux en matinée et deux en soirée. Dès l'instant où on n'a plus une desserte correcte, il est logique que les navetteurs désertent leur gare au profit d'autres stations ferroviaires garantissant des liaisons beaucoup plus rapides et directes. Ma crainte, c'est que la SNCB finisse tôt ou tard par supprimer cette ligne. Ce qui nous sauve pour l'instant, c'est qu'un grand nombre de trains de marchandise continuent à circuler sur celle-ci".