La relance de l'Horeca lessinois s'est invitée si l'on peut dire à la table du conseil communal qui, mercredi soir, a débattu en visioconférence de ce sujet ô combien d'actualité. La conseillère de l'opposition Soci@libre, Isabelle Privé, a interpellé le collège pour savoir si la Ville comptait prendre des mesures supplémentaires pour oxygéner ce secteur, à bout de souffle à Lessines comme partout ailleurs. L'intéressée s'est montrée fort soucieuse que les cafetiers et restaurateurs de la cité de Magritte dépourvus de terrasse puissent en aménager une, voire l'étendre sur le domaine public, à l'instar des dispositifs mis en place avec succès dans d'autres villes de Wallonie Picarde tels qu'Enghien, Ath ou encore Tournai. 

Alors qu'Isabelle Privé avait répertorié l'existence de 21 bistrots toujours en activité sur l'ensemble du territoire de l'entité, le bourgmestre lui a fait savoir, en préambule, que ses chiffres étaient erronés ou du moins plus vraiment d'actualité. "Sur base de l'enrôlement de la taxe 2019 sur les débits de boissons, il n'en subsiste que 13", indique Pascal De Handschutter (PS).

Ce dernier lui a ensuite rappelé que depuis l'an dernier, la Ville avait pris dans l'urgence un règlement pour permettre aux tenanciers de la Grand-Rue, de la rue Général Freyberg ou encore de la rue de l'Hôtellerie d'installer des tables et des chaises sur l'espace public. Son interlocutrice faisait surtout référence à un cas de figure bien précis, en l'occurrence celui d'un snack-friterie ayant pignon sur la Grand-Place et qui, selon Isabelle Privé, se serait vu refuser une demande d'extension de sa terrasse.

"Historiquement, trois établissements situés sur la Grand-Place ont toujours disposé d'une terrasse extérieure. Celle-ci a d'ailleurs été reconfigurée voici une vingtaine d'années en tenant compte de cette réalité. A l'époque, ce n'était pas le cas des immeubles situés le long du trottoir d'en face depuis la porte d'Ogy jusqu'à l'agence bancaire se trouvant à l'autre extrémité. En ce qui concerne l'établissement dont vous parlez, une autorisation a été donnée pour l'installation de quelques tables et chaises bien que celui-ci soit venu s'installer par la suite dans un bâtiment qui n'était pas destiné initialement au secteur Horeca. C'est un peu comme quelqu'un qui achète un appartement et qui regrette par la suite de ne pas avoir de jardin", ajoute le bourgmestre en guise de métaphore.  

Entre Pascal De Handschutter et la mandataire du groupe Soci@libre, la discussion a une nouvelle fois tourné au dialogue de sourds. Celle-ci lui a reproché de ne pas être à l'écoute des besoins des acteurs locaux de l'Horeca et d'attendre que ces derniers se manifestent auprès de lui pour que les choses commencent enfin à bouger. "Des cafetiers de la Grand-Place désireux d'agrandir leur terrasse vous ont proposé, en échange, d'alimenter quotidiennement l'horodateur à leurs frais mais cette suggestion est restée lettre morte", laisse entendre Isabelle Privé. 

La réplique du maïeur n'a pas tardé à fuser: "Vous fabulez, c'est totalement faux. Je n'ai personnellement reçu aucune demande dans ce sens. Par contre, j'ai été interpellé le jour de la réouverture des cafés par un tenancier pour un arbre venant d'être planté qui l'empêchait de déployer correctement son parasol." Pascal De Handschutter a encore démenti que le dialogue entre les deux parties laissait à désirer: "Le responsable de l'ADL a rencontré les exploitants de la Grand-Place afin de voir s'ils étaient intéressés ou non d'étendre leurs terrasses respectives."