Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sort s’acharne sur le home La Résidence, à Lessines. Encore sous le choc d’avoir tragiquement perdu voici quelques jours deux pensionnaires lors d’un incendie dont l’origine accidentelle ne fait plus aucun doute pour les experts descendus sur place, la maison de repos et de soins de la rue de l’Hôtellerie doit désormais faire face au retour en force de l’épidémie de coronavirus qui l’avait miraculeusement épargné lors de la première vague.

Le Covid-19 a commencé à infecter une partie de son personnel. "Sur les 80 travailleurs testés, ils sont une vingtaine à être positifs. Ce lundi, nous testons à nouveau l’ensemble du personnel pour s’assurer qu’il n’y a pas de faux négatifs, de même que tous les résidents à l'aide d'un test PCR", indique le directeur Pascal Willems.

Il faut savoir que depuis le dramatique incendie survenu le 8 novembre dernier au sein de la MRS et qui a coûté à la vie à deux Lessinoises respectivement âgées de 94 ans et 50 ans, une quinzaine de membres du personnel psychologiquement marqués sont actuellement en arrêt de travail.

Les effectifs n’étant pour l'instant plus suffisants pour s’occuper des résidents, la direction du home lessinois s’est vue contrainte de solliciter l’aide de l’armée. Celle-ci doit se rendre ce lundi soir sur place en compagnie de la ministre tournaisienne de la Défense, Ludivine Dedonder, pour évaluer les besoins humains à mettre en œuvre. "Nous attendons le renfort de quatre aides-soignantes provenant des forces militaires auxquelles viendront s’ajouter des étudiants de 3e année de l’école d’infirmerie de Renaix à qui nous avons également dû faire appel pour obtenir des renforts", poursuit Pascal Willems.

Notre interlocuteur ne cache pas qu’il redoutait qu'une infection généralisée finisse par se produire au sein du home suite au feu qui a détruit une partie de l’ancien bâtiment où il était prévu de mettre en place une unité Covid avant que celui-ci ne soit définitivement rasé. "Au lieu de toucher du bois, j’ai dû toucher du contre-plaqué", ironise le directeur, convaincu que les opérations de secours lors de l’incendie ont favorisé la propagation du coronavirus àl’intérieur du home qui était jusqu’alors confiné et dont l’accès aux visiteurs extérieurs était fortement restreint.

"Si l’on compte les pompiers, les policiers et les représentants de la Croix-Rouge, ce ne sont pas loin de 200 personnes qui ont été au contact direct des pensionnaires. De surcroît, ces derniers ont d’abord été regroupés dans une pièce de 40m² sans que les mesures de distanciation sociale ne puissent être respectées, avant d’être transférés pendant une bonne heure à bord d’un autocar".

Quelques jours plus tard, les premiers de cas de Covid-19 se déclaraient sur le site de la Providence. Pour le responsable des lieux, il ne peut s’agir d’une coïncidence ni le fruit du hasard même s’il est le premier à saluer le travail des secouristes dont l'intervention rapide et parfaitement coordonnée a permis d'éviter un bilan encore plus lourd sur le plan humain.