Comme nous l'annonçions hier, la CGSP-Admi a déposé un préavis de grève à la Ville d’Enghien à la suite d'un double licenciement pour raison économique intervenu au sein de Nautisport. Les autorités communales ainsi que les responsables de la régie communale autonome en charge de la gestion du complexe sportif enghiennois n'ont pas tardé à réagir, via un communiqué commun, alors des actions syndicales sont annoncées à partir de ce lundi 3 mai.

"Après 15 années de difficultés financières sérieuses, les syndicats semblent découvrir une situation alors que nous sommes à deux doigts du mur ! En l’absence d’aide financière des ministres des Sports, la RCA qui gère la piscine et les infrastructures sportives locales est en effet exsangue", soulignent les membres du collège et ceux du bureau exécutif de la RCA.

Et ces derniers de rappeler que chaque année, la ville d’Enghien intervient à concurrence de quelque 800.000€ pour compenser le déficit d’exploitation de la piscine et des infrastructures sportives de Nautisport. Les communes voisines qui profitent de la piscine ne contribuent en rien à ce déficit qui est donc assumé à 100% par la seule ville d'Enghien.

"L’absence des recettes d’exploitation de la piscine, liée au coronavirus, a plombé un peu plus encore cette situation. Pour éviter le crash, une première avance de trésorerie de 300.000€ a été votée par le conseil communal, en décembre 2020. Complémentairement aux dotations annuelles et à cette avance de trésorerie, une augmentation de capital de 400.000€ a été inscrite en modification budgétaire 2021. A ce jour, l’impact de la crise sanitaire est évalué à 300.000€ à charge de la ville d’Enghien", indiquent-on du côté de la Ville et de la régie.

Avant d'ajouter que malgré leurs appels à l’aide répétés, les ministres libéraux des Infrastructures sportives (RW) et des Sports (FWB) ont décidé de soutenir largement les clubs sportifs (40€ par membre) mais négligent totalement les infrastructures sportives qui les accueillent. "Enghien pouvait prétendre à une aide régionale de… 3500 € (soit 1% de l’impact COVID estimé). Mais toutes les dépenses présentées par Nautisport ont été rejetées au seul motif que les RCA étaient exclues de ces mesures d’aides pourtant dérisoires ! Ce sera donc 0% de soutien régional et communautaire !"

Une action syndicale difficile à comprendre

En l’absence de leviers d’action sur les recettes, le conseil d’administration de Nautisport dit avoir exploré toutes les pistes pour réduire drastiquement les dépenses. Après s’être attaqué aux frais de fonctionnement, c’est en dernier recours qu’il a procédé au licenciement pour raison économique de deux collaboratrices.

Cette solution particulièrement douloureuse devra permettre de traverser la crise actuelle et de garantir la pérennité du centre sportif. Ainsi, la piscine rouvrira ses portes dès que le CODECO donnera son feu vert à l’exploitation des piscines récréatives.

"Etonnamment, la CGSP a déposé un préavis de grève au niveau de l’administration communale pour un problème qui concerne la RCA. S’il est incontestable qu’il appartient aux syndicats de défendre le personnel, il est cependant difficile de comprendre leur aveuglement par rapport à la situation financière décrite ci-avant." 

Le communiqué précise encore que contrairement à ce que déclare la CGSP, avant ce type de licenciement, la concertation syndicale n’est pas légalement obligatoire dans le cadre d’une RCA. "Toutefois, après une première réunion d'échanges informels, une concertation syndicale officielle s’est tenue avant la prise de décision en question par le CA de Nautisport. Au cours de cette seconde réunion, le bourgmestre a clairement posé le cadre financier de la Ville et de son centre sportif en l’absence d’aides régionales."