Depuis le début de cette année scolaire, l'école communale de Maffle (Le Tilleul) participe avec succès à un projet-pilote en partenariat avec le Centre régional d'initiation à l'environnement (CRIE) d'Harchies. 

L'école du dehors, tel est le nom de ce concept importé des pays nordiques et qu'expérimentent désormais avec beaucoup d'enthousiasme la centaine d'enfants fréquentant cet établissement scolaire. A raison d'une journée par mois, les élèves des six années primaires quittent les bancs de leur classe pour prendre un bon bol d'air et enrichir leur apprentissage au contact de leur environnement proche. 

SItuées à l'arrière de l'école, les anciennes carrières de Maffle constituent tout naturellement l'écrin de verdure idéal pour mener à bien un tel projet. "La proximité d'un site comme celui-là est une chance formidable et nous trouvions dommage de ne pas en exploiter davantage les richesses à la fois sur le plan historique et environnemental. D'un point de vue pédagogique, l'école du dehors permet de montrer aux enfants que l'on peut apprendre des tas de choses autrement qu'en étant en classe", explique Marjorie Petiau, institutrice. 

Construire une relation profonde avec la nature, vivre des moments de groupe intenses, hors des espaces clos et du brouhaha de la classe, se frotter au réel complet, complexe, riche et diversifié, apprendre et comprendre avec la tête et le corps en mouvement... sont autant d'objectifs vertueux que ces activités extérieures permettent d'atteindre. 

Apprendre en s'amusant 

Ce vendredi, c'était au tour des élèves de 1ère et 2ème année primaires de partir s'installer quelques heures avec leur sac à dos et leur pique-nique dans la partie boisée des carrières, accompagnés de leur prof et d'un animateur du CRIE. Ces derniers ont eu la surprise de recevoir la visite du bourgmestre Bruno Lefèbvre (PS).  

"Concrètement, les enfants investissent les lieux en mode exploratoire. Ils découvrent la faune et la flore tout en prenant connaissance du programme de la journée et des règles à respecter. Dès leur arrivée, ils établissent leur campement, avant de prendre part à divers ateliers visant à accroître leur autonomie", confie Alicia, éducatrice spécialisée.  

Se repérer sur une carte, réaliser des noeuds, imaginer des histoires, les structurer et les écrire, apprendre à s'exprimer devant un groupe, préparer un feu pour faire cuire du pain, cuisiner des plantes sauvages, construire une cabane ou encore se maquiller avec de l'argile... figurent parmi les animations proposées. 

Il suffit de lire la joie et les sourires sur les visages de ces mômes pour se convaincre de bien-être qu'ils ressentent à vivre cette aventure épanouissante qui renforce par la même occasion leur sens de l'observation et de l'orientation tout en les sensibilisant à l'importance de la biodiversité et au respect de Dame nature. Pas question de quitter le campement sans l'avoir rangé ni effacé toute trace de son passage.  

"Cette sortie mensuelle offre la possibilité au corps enseignant de travailler de nombreuses matières. En calculant la hauteur d'un arbre, les enfants font des mathématiques. En identifiant les insectes, ils font de la science, etc. Bref, ils apprennent de nouvelles compétences tout en s'amusant et en étant en éveil permanent", commente Jessica Willocq (Ecolo), échevine de l'Enseignement. 

Pratiquée depuis plusieurs décennies au Danemark, cette pédagogie de l'extérieur porte ses fruits là-bas. Des chercheurs y ont mesuré les effets sur les enfants et les résultats sont sans appel: meilleure capacité de concentration, développement de la créativité et de la psychomotricité, amélioration des résultats scolaires, forte motivation des élèves et des enseignants.