Les intempéries orageuses de ces dernières heures n'ont pas épargné la région du Pays Vert, provoquant d'importantes inondations du côté de Brugelette où la Dendre est sortie de son lit mais également dans l'entité de Silly et sur le territoire enghiennois. Entre 18h et 20h, mardi soir, des pluies très abondantes se sont déversées sur le village de Marcq (55l/m² en un peu plus d’une heure). Depuis plus de dix ans, les zones d’immersion temporaire situées en amont du village avaient protégé la population de toute inondation.

Malheureusement, ces ZIT se sont remplies à une vitesse tout à fait anormale jusqu’à saturation complète. Peu avant 20h, dès leur débordement, le ruisseau de la Marcq est sorti de son lit et a provoqué de graves inondations. La circulation sur l’autoroute E429 a été coupée pendant une partie de la nuit, entre les sortie 26 et 27. Le niveau d’eau est monté sur la place de Marcq qui a progressivement été inondée avec des conséquences catastrophiques pour les riverains.

La ville d’Enghien a mis en place une cellule de crise et collabore activement avec les pompiers et la police pour venir en aide à la population. Par ailleurs, les services de l’intercommunale Ipalle ont été invités à analyser l’impact des travaux d’Infrabel au niveau du pont sous le chemin de fer où des entraves liées aux travaux semblent limiter le débit d’écoulement des eaux de la Marcq.

Enghien et Silly ont été particulièrement touchées. Sur toute la commune, le réseau d’égouttage s’est également mis sous pression et l’évacuation des eaux par les circuits habituels n’a plus fonctionné. De nombreuses caves ont dès lors été inondées. On dénombre actuellement une cinquantaine d’interventions des services de secours d’Enghien.

Au moment où le déluge s'abattait sur le village de Marcq, les élus locaux tenaient justement un conseil communal dans la nouvelle salle des écuries du parc aménagée sous les combles. Un retour en présentiel après de nombreuses séances en visioconférence. Lors de cette réunion diffusée sur la page Facebook de la Ville, les mandataires locaux ont eu une pensée pour les habitants de l'entité ayant les pieds dans l'eau, en particulier ceux de Marcq. Ces évènements climatiques exceptionnels ont d'ailleurs alimenté les débats. L'ex-bourgmestre Florine Pary-Mille (MR) a voulu savoir si l'on tenait toujours bien compte des risques d'inondation lorsque des chantiers d'égouttage et autres sont exécutés.

"On pense souvent que pour éviter les problèmes d'inondation, on doit évacuer le plus rapidement possible les eaux, commente son successeur. Combien de fois n'ai-je pas entendu que de tels phénomènes se produisent parce que les égouts ne fonctionnent pas bien et que les fossés ne sont pas curés. Ce n'est pas la réalité, le problème aujourd'hui, c'est que l'eau arrive trop vite au point le plus bas. On sort d'une époque où on n'avait dans les paysages toute une série d'éléments naturels qui retenaient les eaux. En concertation avec les agriculteurs et les habitants des quartiers concernés, nous devons trouver des solutions pour que les eaux aboutissent le moins vite possible dans les égouts. En étant sous pression et saturés, ceux-ci ne parviennent plus à absorber un tel débit d'eau pluviale. A Marcq, des ZIT ont été aménagées pour permettre une évacuation lente des eaux mais force est de constater qu'il subsiste des endroits dans le village où celles-ci s'écoulent encore trop vite."