Ce matin le tristement célèbre Pascal Delcourt, marchand de chevaux à Ogy, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Tournai. Les militants des cinq associations qui se sont constituées parties civiles - à savoir Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, Equi’Chance, Animal sans Toi…t et Help Animals - avaient pris place sur les marches du palais de justice pour former une haie du déshonneur à l’arrivée du prévenu. 

Alors que le traitement de cette affaire devait occuper toute la matinée (instruction d’audience, réquisitoire et plaidoiries), cette première demi-journée aura été finalement entièrement consacrée à l’audition de Pascal Delcourt.

Lors d'un interrogatoire musclé, la présidente du tribunal de première instance de Tournai a littéralement poussé le prévenu dans les cordes. Elle l’a questionné pendant plus de deux heures sur chacune des 22 préventions retenues à sa charge. "Ce qu’on peut qualifier avec satisfaction de véritable interrogatoire n’aura toutefois pas apporté d’informations supplémentaires au volumineux dossier", témoigne Jean-Marc Montegnies. 

Et le président de l'asbl Animaux en Péril ayant assisté à cette première audience de déplorer que Pascal Delcourt se soit contenté de contester à deux exceptions près (non-respect de la législation du travail) l’ensemble des charges retenues contre lui. Ce déni de responsabilité a eu le don d’irriter la juge qui a, à plusieurs reprises, a haussé le ton.

"Alors que les éléments dans le dossier répressif l’accablent lourdement, on retiendra des déclarations de Pascal Delcourt qu’il est lui-même victime de personnes qui abusent de sa confiance et qu’il croule sous les déclarations exagérées des associations de protection animale", commente le responsable du refuge de Meslin-l'Evêque (Ath). 

Ce dernier ainsi que ses collègues des autres refuges ayant recueilli les animaux en 2016 chez Pascal Delcourt et qui ce sont constituées parties civiles dans le procès ne sont pas surprises des déclarations de celui qu’ils qualifient de bourreau d’Ogy. "Depuis longtemps et pas plus tard que ce matin encore, l'intéressé a prouvé que son absence d’empathie n’avait d’égal que sa mauvaise foi", font-ils savoir. 

Alors que les différentes associations plaignantes s'attendaient après cette audition du prévenu au réquisitoire du ministère public et dans la foulée aux plaidoiries des avocats des parties civiles et de la défense, la juge a mis fin à l’audience après avoir constaté que le dossier du procureur du Roi était incomplet et ne permettait pas de poursuivre les débats.

Bien qu’elles regrettent ce report de quelques mois, les cinq associations comprennent qu’il était inenvisageable de poursuivre l’audience dans ces conditions. Ces dernières se déclarent satisfaites de la façon dont cette première matinée s’est tenue et se disent confiantes pour la suite de la procédure. Rappelons que pour les refuges concernés, le véritable enjeu de ce procès est une cessation d’activité qui doit être prononcée par l’intermédiaire d’une interdiction de détenir des animaux dans le chef de Pascal Delcourt.

Au-delà des peines de prison et des amendes, les associations espèrent donc que le jugement intégrera l’application de l’article 40 de la loi de 1986 sur la protection des animaux qui permet au tribunal correctionnel d’interdire à une personne de détenir des animaux.