Diagnostiquée d'un cancer du sein triple négatif en 2019, Nathalie Thiébaut a entièrement confié sa vie à ses médecins. Aujourd'hui, cette battante originaire d'Escanaffles, a terminé ses traitements et fait régulièrement des contrôles. Bien évidemment, Nathalie a eu du mal à digérer la nouvelle au départ, mais a très vite repris le dessus.

"Honnêtement, au début, j'ai eu peur. Cependant, assez rapidement je me suis dit que je ne pouvais pas mourir pour ma famille. J'avais l'impression d'avoir encore beaucoup à vivre. Je n'avais pas le temps d'être malade et encore moins de mourir", déclare Nathalie.

Durant cette lourde épreuve, Nathalie a été portée par une énorme vague de solidarité. De nombreux proches ont toujours été là pour l'accompagner et la soutenir pour chaque chimio ou chaque radiothérapie.

"Désormais, mes copines sont devenues des amies proches, ma sœur est devenue mon indispensable, mon papa est un moteur dans ma vie et mon mari s'est comporté comme un réel battant. J'ai essayé de préserver mes enfants en leur disant que tout allait bien se passer. Je leur faisais systématiquement le rapport de mes analyses ou de mes traitements et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. A l'heure actuelle, je suis en rémission depuis un an et je suis toujours aussi entourée. Ma famille et mes amis sont mes remparts de vie".

Accepter son corps


Pour certaines femmes ayant eu le cancer du sein, il est difficile par la suite, d'accepter son corps et d'encore se sentir féminine. Nathalie Thiébaut avoue avoir perdu une petite partie de sa féminité. Cependant, cette dernière a eu la chance de conserver ses deux seins mais même si elle en avait perdu un, ce n'était pas le plus important pour elle. Elle souhaitait surtout vivre et profiter de la vie.

"Dans ma tête, ce n'était pas important qu'on m'enlève un ou deux seins. Il existe toujours des solutions comme, une reconstruction mammaire. Par contre, la chimio détruit tout et cela fait apparaître la ménopause. J'ai beau avoir construit une carapace très épaisse, aujourd'hui, je vis comme une femme entière mais ménopausée. L'autre détail est que j'ai perdu mes cheveux. J'ai choisi de ne pas me les colorer après donc, j'ai les cheveux gris et je dois m'accepter comme cela. Ce n'est pas toujours évident. Dans tous les cas, je n'ai jamais eu peur du jugement. Je n'ai pas eu le temps de m'arrêter à cela. De rares amis ont eu peur et se sont éloignés, je ne leur en veux pas. Tout le monde n'est pas capable de vivre avec cela", précise Nathalie.

Aujourd'hui, cette battante se reconstruit peu à peu. Même si elle est passée par de mauvaises phases, elle profite à 100 % de la vie.

"Je suis tombée dans des excès de médicaments et de nourriture qui heureusement, sont maintenant maîtrisés. Cela a été compliqué et difficile. Je suis allée consulter un psychologue pour m'aider à comprendre ce que je vivais et l'origine de ces excès. La fatigue, la fragilité et la peur de la rechute sont présentes au quotidien. Mais grâce à un fort caractère et aux proches, je suis portée et tellement reconnaissante de toutes ces personnes qui ont toujours été à mes côtés", conclut Nathalie Thiébaut.